Le ras-le-bol des sportifs

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Publié le 9 avril 2008.

TOUS SPORTS – Comment arriver à se concentrer sur sa discipline quand tout le monde vous interroge sur les Droits de l’homme?...

Derrière leur télé, en stage à Saint-Raphaël, les nageurs du cercle d’Antibes ont assisté à la scène, médusés. «La France est un pays contestataire, c’est très bien. Mais nous étions déçus que les gens fassent l’amalgame entre les athlètes et la Chine. Ras-le-bol! Ce n’est pas notre rôle de porter un jugement sur un régime. Il y a des hommes politiques pour cela», résume pour 20minutes.fr Franck Esposito, ancien nageur de haut niveau et actuel directeur sportif du club d’Antibes, où évolue le récent recordman du monde du 100 m nage libre, Alain Bernard.

La sensation d’être pris en otage

«Les athlètes ont été pris en otage entre les contestations légitimes de certains et les impératifs des Chinois», analyse Christine Caron, dernière relayeuse de la flamme lundi. Une opinion que partagent de nombreux sportifs. Le président de la commission des athlètes au CNOSF, David Douillet, très remonté contre les officiels chinois, a demandé à parler au président du CIO, Jacques Rogge, mercredi, pour l'informer des ressentiments des sportifs.

Se recentrer sur un seul objectif

Et maintenant, retour au sport? Charline Picon, sélectionnée aux Jeux en tant que remplaçante en planche à voile, était la deuxième relayeuse de la flamme olympique. «Elle n’a pas été insensible à tout ce qui s’est passé. Mais elle a dû tout de suite rejoindre l’équipe de France en stage à la Baule», raconte Claire Fountaine, directrice des équipes de France de voile. La tête encore à la politique, le corps doit vite revenir au sport.

De nombreux athlètes sont toujours à la poursuite d’un ticket pour les Jeux. A un peu plus de deux semaines du championnat de France, qualificatif pour les JO, Franck Esposito n’a pas senti ses nageurs plus perturbés que cela. «Nous essayons de bien le vivre tous ensemble. Ils sont de toute façon assez grands pour se recentrer sur leur qualification et seulement sur ça.»

Quatre mois encore avant les Jeux... Les sportifs ont largement le temps de se reconcentrer sur leurs objectifs. En sera-t-il de même si l’actualité politique phagocyte jusqu’au bout Pékin 2008? Christine Caron, vice-championne olympique du 100 m dos en 1964, a l’expérience des grands événements: «Ce qui fait un sportif de haut niveau, c’est aussi sa capacité à évacuer mentalement tout ce qui l’éloigne de son objectif. Les grands champions y arriveront toujours. Après tout, le meilleur moyen de revendiquer quelque chose aux Jeux, c’est encore d’y aller et de se faire voir sur le podium…»

Matthieu Goar
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