L'anecdote est symbolique : Martin Hirsch devait défendre son revenu de solidarité active (RSA) - sous le feu des critiques - hier matin devant le groupe UMP à l'Assemblée. Au dernier moment, l'intervention du Haut Commissaire a été annulée. L'ancien président d'Emmaüs - figure clé de l'ouverture à gauche de Nicolas Sarkozy - doit batailler pour sauver son RSA. Ce revenu, déjà testé par trente-quatre départements et qui doit être généralisé en 2009, est censé garantir à un chômeur qui retrouve un emploi une hausse de ses ressources. Une des promesses phares du candidat Sarkozy durant la campagne. Problème : son coût, chiffré à 2 ou 3 milliards d'euros, pas franchement idéal par temps de rigueur budgétaire.
La semaine dernière, François Fillon a failli tuer le RSA, le jugeant « trop coûteux ». Hier, Nicolas Sarkozy a joué la montre, promouvant « une idée extrêmement intéressante » mais qui doit être « calibrée en fonction » de l'état des finances publiques. Autant dire qu'Hirsch doit revoir sa copie. Dans une interview hier au Pèlerin, celui-ci prévient qu'il ne fera pas un RSA « au rabais », et avoue ne pas avoir l'assurance d'un budget suffisant. Selon Les Echos, Matignon pourrait lâcher seulement 1 milliard d'euros. No comment du côté du Haut Commissaire. Reste que la majorité UMP est divisée. Pour le député UMP Hervé Mariton, « ce n'est pas scandaleux de se donner le temps d'évaluer ce dispositif ». Son collègue, le sarkozyste Frédéric Lefebvre, défend le RSA : « C'est la mise en application du «travailler plus pour gagner plus. »