Un peu plus nombreux, et surtout un peu plus nerveux. Entre 15.000 et 25.000 lycéens ont défilé hier pour dire niet à la suppression de 11.200 postes, censée être effective en septembre notamment dans les collèges et lycées.
A Paris, le cortège était formé de 10.000 à 20.000 jeunes, selon les sources (contre 6.700 à 17.000 jeudi dernier). Les jeunes, capuche, casquette ou crête tecktonik sur le crâne, ont crié, couru et sauté au rythme de «Nous voulons une vraie éducation» ou «Profs supprimés, c'est la merde dans nos lycées». Mamadou et Khalifa, en BEP à Gagny (Seine-Saint-Denis) craignent, en vrac, «les classes surchargées, moins d'ordinateurs, et la suppression du bac». Adja et Malika, 17 ans, sont venues défendre le bac pro, qui doit passer de quatre à trois ans. «Mais aussi pour louper les cours!» En tête de cortège, des pierres, briquets et selles de vélo sont tombés sur les gendarmes et policiers, qui ont chargé et envoyé du gaz lacrymogène. Douze personnes ont été interpellées. Par ailleurs, des casseurs ont encore tenté de s'introduire par la force dans des lycées du 93. Des violences que Xavier Darcos, ministre de l'Education, a jugées hier sur LCI «absolument hystériques».