Les réactions politiques se multiplient au lendemain de la traversée chaotique de Paris d’une flamme olympique conspuée. En premier lieu, au plus haut sommet de l’Etat. Lors de son déplacement à Cahors, le président de la République a indiqué à la presse qu’il déterminerait les conditions de sa participation à la cérémonie d’ouverture en fonction de la reprise du dialogue entre la Chine et le dalaï-lama. Pour la première fois, Nicolas Sarkozy a ainsi évoqué explicitement la possibilité de conditions à sa présence. Samedi dernier, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, Rama Yade, s’était pourtant fait tancer après avoir précisé des conditions. Une preuve que le passage de la flamme, lundi, a changé quelque chose.
Esprit olympique pris en otage…
Sur les événements en eux-mêmes, les opinions divergent grandement entre le gouvernement et les personnalités d’opposition. La ministre française de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot, a regretté dès lundi que l'esprit olympique ait été pris en otage par les manifestants pro-Tibétains. Une position similaire à celle de son secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, Bernard Laporte. Jamais les membres du gouvernement n’ont nié le droit des manifestants à s’exprimer, mais ils ont dans leur majorité regretté qu’ils s’en prennent à un symbole de paix comme la flamme olympique.
… ou expression de dignité?
Bertrand Delanoë, maire socialiste de la capitale, a estimé que le passage chaotique de la flamme olympique à Paris devait plutôt être vu comme «un mouvement d'expression forte en faveur des droits de l'homme et de la dignité du peuple tibétain». «C'était un moment dense.» Comme Sebastian Coe, le président du Comité d'organisation des Jeux de Londres en 2012, qui les a traités de voyous, le maire a également fustigé l’attitude des officiels chinois durant la journée, leur reprochant notamment d'avoir «perturbé la transmission de la flamme».
«Qui est responsable de tout ça?» s’est demandé Laurent Fabius sur France Inter. «La Chine», «le Comité international olympique qui agit en dépit du bon sens» et «d'une certaine manière le gouvernement français», dont le manque de clarté avec la Chine «exacerbe les tensions».
Pour voir l'interview de Laurent Fabius:
Denis Baupin, l’adjoint Vert à la mairie de Paris, a, lui, estimé que c’est le moment de sauver l’olympisme. Si le CIO veut «restaurer son image», il peut faire «réellement et visiblement pression» sur la Chine en menaçant de déplacer les JO 2008: pourquoi pas à Athènes? Une question qu’il aurait sans doute mieux value se poser en 2001, l’année où les Jeux ont été attribués à la Chine.