TIBET - Trois questions à Louis de Broissia, président du groupe d'information sur le Tibet du Sénat…
Trois questions à Louis de Broissia, président du groupe d'information sur le Tibet du Sénat alors que de nombreux incidents émaillent le parcours de la flamme olympique à Paris.
Des manifestants pro-tibétains ont tenté d'éteindre la flamme. Qu'en pensez-vous? Ne s'agit-il pas d'une atteinte à l'esprit de l'olympisme?
Je ne condamne pas. Heureusement que l'expression populaire peut s'exprimer librement en France. Il est normal de manifester et il serait bien que les responsables du Comité International Olympique (CIO) s'en rendent compte. En avril 2006, je m'étais rendu à l'Assemblée populaire de Pékin et avait prévenu les parlementaires chinois de ce qui se produit aujourd'hui. Mais ils ont voulu faire la sourde oreille. Quant aux valeurs de l'olympisme, pensez-vous qu'elles sont respectées au Tibet?
Aurait-il fallu associer les militants pro-tibétains au passage de la flamme à Paris comme le souhaitait RSF?
Une négociation aurait été possible et souhaitable. Elle aurait pu servir de modèle et montrer aux Chinois qu'il est possible de discuter avec les militants pro-tibétains. Au lieu de cela, nous assistons à une répression policière un peu trop nerveuse et violente même si la police fait son job, aussi peu agréable soit-il.
Les incidents et la violence exercée à l'encontre de certains des militants ne sont-ils pas finalement bénéfique à la cause tibétaine?
Oui, je le pense. A Lhassa, où l'ordre règne, la Chine a perdu sa première bataille médiatique. Avec le passage de la flamme à Paris s'ouvre le début de la deuxième bataille. Si Pékin n'ouvre pas le dialogue avec les Tibétains d'ici août, les Chinois en baveront.
Propos recueillis par Alexandre Sulzer