Passage de la flamme à Paris: les réactions

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Publié le 7 avril 2008.

JO - Suivez en live les premières réactions...

C'est un grand fiasco. La flamme olympique traverse Paris lundi après-midi dans une ambiance tragi-comique. Voici les premières réactions à chaud.

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports:

«On peut regretter sans doute que la flamme olympique et l'esprit olympique aient été pris en otage dans cette manifestation. Il y a sans doute d'autres occasions de manifester. Mes sentiments sont contrastés.»

Robert Ménard, secrétaire général de l'association Reporters Sans Frontières:

«C'est un échec pour le mouvement olympique. Cela ne fait pas l'ombre d'un doute, mais c'est de sa faute. Le président du Comité international olympique a fait des promesses. Il a dit, quand les jeux ont été données à Pékin, qu'à chaque fois qu'il y aura un problème avec les droits de l'homme "Je serai là pour défendre les victimes". Il ne l'a jamais fait.» Pour le militant, le président du CIO, Jacques Rogge, «paie aujourd'hui cette absence de politique, cette absence de courage. Ce n'est pas nous qui gâchons la fête. Elle est gâchée par la politique répressive des autorités chinoises à Pékin et au Tibet. Elles n'ont qu'à faire un certain nombre de gestes, libérer un certain nombre de gens en prison et vous verrez que les gens n'auront pas envie de gâcher la fête».

Luc Chatel, porte-parole du gouvernement

«La France pense qu'elle a un rôle à jouer, elle a proposé ses services. Nous avons alerté la Chine, condamné les violences et nous souhaitons que le dialogue soit rétabli entre le Dalaï lama et la Chine. C'est en fonction de l'avancée de ce dialogue que nous prononcerons».

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts,

Elle juge, après les brèves interpellations de deux élus Verts au passage de la flamme olympique à Paris, que «pour complaire aux Chinois, le droit d'expression en France est bafoué par l'interdiction de déployer des banderoles, par la confiscation des drapeaux tibétains». «Même ceux qui n'ont pas d'action violente par rapport à la flamme sont empêchés d'exprimer une opinion. C'est une dérive de répression de la liberté d'expression qui est inquiétante», a-t-elle jugé, évoquant les incidents lundi matin concernant Sylvain Garel, conseiller Verts de Paris et de Mireille Ferri, vice-présidente Verts du Conseil régional d'Ile-de-France.

Julien Dray, porte-parole du PS:

Selon lui, les JO de Pékin «tournent à la farce sinistre avant même d'avoir commencé». «La multiplication d'incidents et de mouvements de protestation sur le parcours de la flamme olympique, hier à Londres, aujourd'hui à Paris, demain sans doute dans le reste du monde, sont autant d'échecs pour les prochains Jeux de Pékin.» Selon le député, «la responsabilité en est entièrement imputable au gouvernement chinois, qui n'a pas su saisir la chance qui lui était offerte de prouver sa volonté de démocratisation et de reconnaissance des libertés publiques, en Chine comme au Tibet.»

Sean McCormack, porte-parole du département d'Etat américain:

«Tout ce que je peux dire, c'est que pour notre part, au département d'Etat, nous coopérons avec les responsables locaux à San Francisco pour préparer la logistique et la sécurité du relais prévu. C'est un effort local et ils sont très fiers d'assurer les préparatifs de cet événement.»

Le vice-président du groupe Tibet à l'Assemblée nationale, Philippe Folliot (Nouveau Centre)

«Puisque les préoccupations commerciales prennent le pas sur les Droits de l'homme au Tibet, poursuivons la logique jusqu'au bout et boycottons les trois sponsors qui ont sponsorisé le passage de la flamme à Paris.»
Une référence à Coca-Cola, Samsung et Lenovo (ordinateurs chinois).

Henri Sérandour, président du Comité olympique français

«Je pense qu'on aurait dû laisser passer cette flamme, qu'on pouvait être sur le côté pour manifester. Tout le monde a le droit de s'exprimer mais l'empêcher de passer, c'est aussi montrer qu'on réclame des libertés (alors) qu'on ne respecte pas la liberté élémentaire pour nos athlètes qui portent cette flamme qui est un message de paix au monde entier», a déclaré le président du CNOSF dans un communiqué.

Thupten Gyatso, président de la communauté tibétaine française

«C'est pour nous un très grand succès», a dit à l'AFP le responsable tibétain, qui se trouvait au milieu de plusieurs centaines de personnes qui manifestaient, agitant des drapeaux tibétains, sur le parvis des droits de l'Homme, au Trocadéro. «On arrive à se faire entendre politiquement grâce au soutien d'artistes, d'hommes politiques et d'intellectuels», a indiqué à 20minutes.fr Thupten Gyatso. «On est heureux et comblés».

Emmanuelle Gaye, porte-parole d'Adidas France

«Adidas est impliqué depuis 80 ans dans l'olympisme et son rôle est de fournir du matériel aux athlètes, pas de s'impliquer dans les mouvements politiques», affirme à 20minutes.fr Emmanuelle Gaye, porte-parole d'Adidas France, en réaction aux insultes dont les sponsors ont fait l'objet lors du passage de la flamme à Paris. «Pour autant, vous veillons au respect des Droits de l'homme au sein même d'Adidas, qui sous-traite la fabrication de ses produits dans de nos nombreux pays, dont la Chine.»

Rodophe Bellmer, directeur général de Canal +

La flamme s'est arrêtée devant le bâtiment de Canal +, dans le cadre d'une opération publicitaire pour la chaîne cryptée. Rodophe Bellmer, interrogé par 20minutes.fr, ne s'est pas répandu en commentaires: «On a vu aujourd'hui que la chorégraphie des JO était compliquée. Mais l'intérêt était de parler des problèmes de la Chine et de contribuer au débat.» Pour Alexandre Bompard, directeur des sports de Canal, il n'y a «rien eu de grave» puisque David Douillet a «réussi passer le relais de la flamme un peu plus loin» que ce qui était prévu.

L'UNSA, syndicat de police majoritaire

«La police ne peut pas intervenir de façon musclée autour d'un symbole de paix», commente pour 20minutes.fr Henri Martini, secrétaire général de l'Unsa, alors que le passage de la flamme olympique à Paris est complètement perturbé par les manifestants. «Les effectifs déployés sur place ne s'attendaient sûrement pas à ça, c'est la première fois qu'on arrive à de tels excès sur une cérémonie d'ordinaire consensuelle», ajoute-t-il.

Louis de Broissia, président du groupe d'information sur le Tibet du Sénat (UMP)

Louis de Broissia refuse de condamner les tentatives d'extinction de la flamme. «Heureusement que l'expression populaire peut s'exprimer librement en France», affirme celui qui estime qu'une négociation avec les associations pro-tibétaines auraient été «souhaitables.»
>> Lire l'interview complète de Louis de Broissia...

Léonard Vincent, de Reporters sans frontières

«La police a fait preuve d'une très grande violence aux abords de la Tour Eiffel», raconte à 20minutes.fr Léonard Vincent, de l'organisation de défense de la presse. «Ils avaient pour consigne de confisquer les drapeaux du Tibet. Cinq CRS me sont violemment tombés dessus pour me confisquer des fanions de RSF que je distribuais à la foule. Pendant ce temps-là, on voit des petits drapeaux chinois partout». Ce responsable de RSF assure que l'association a prévu des actions d'éclat sur tout le trajet parisien de la flamme.

Sylvain Garrel, élu Verts de Paris

«Le passage de la flamme n'est pas un fiasco mais une grande victoire pour les droits de l'Homme», se félicite Sylvain Garrel. «Je pense qu'aujourd'hui, le Parti communiste chinois doit regretter d'avoir eu les Jeux olympiques.»
>> Lire l'interview complète de Sylvain Garrel...
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