POLITIQUE – En 10 mois au gouvernement, Rama Yade a accumulé les déclarations polémiques, interprétées comme des bourdes et maladresses…
En posant trois «conditions» à la venue de Nicolas Sarkozy en Chine, Rama Yade a encore alourdi son passif en matière de polémiques. En dix mois de gouvernements Fillon, la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme a accumulé les bourdes, maladresses et autres déclarations à l’emporte-pièce. Petit récapitulatif.
6 septembre 2007 : La visite au squat irrite François Fillon
Rama Yade rend visite à Aubervilliers à des squatters qui protestent contre leur expulsion de logement sociaux occupés illégalement. Elle explique aux squatters qu’elle ne comprend pas que de telles choses puissent arriver dans une mairie communiste. François Fillon convoque immédiatement sa secrétaire d’Etat qui est rappelé à ses devoirs de concertation avec le reste du gouvernement.
10 décembre 2007 : La France n’est pas «un paillasson»
La visite du colonel Khadafi en France passe mal dans l’opinion. Rama Yade dit crûment ce qu’elle a sur le cœur: «le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort». Grosse polémique. Rama Yade, convoquée à l’Elysée et finalement soutenue par Sarkozy, refuse de démissionner.
16 décembre 2007 : Secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme… mais pas en France
Question piège pour Rama Yade. Le site «Rue89» lui demande son avis sur la politique des mariages mixtes à Colombes, ville dans laquelle elle se présente en troisième position sur la liste du maire sortant. La secrétaire d’Etat perd son sang-froid et va justifier l’injustifiable : elle ne s’occupe des droits de l’Homme qu’à l’étranger. Et les squatters d’Aubervilliers alors?
30 janvier 2008 : Rama Yade a rejoint Sarkozy «par intérêt»
Avec l’Internet, les caméras, les micros sont partout. La secrétaire d’Etat en fait les frais lors du dîner du Conseil représentatif des associations noires (Cran). Interviewée face caméra par le Bondy Blog, elle s’explique sur sa position délicate au gouvernement, avant de lâcher (en off) une petite bombe alors que le micro tourne encore : elle a rejoint Nicolas Sarkozy plutôt que Ségolène Royal «par intérêt».
8 février 2008 : Les journalistes sont «des charognards»
Interrogée sur le traitement par la presse de la vie privée de Nicolas Sarkozy, Rama Yade n’y va pas avec le dos de la cuillère: «On a l’impression de voir des charognards qui ont humé l’odeur de leur proie et qui fondent sur lui et qui s’acharnent.» Directement visé par la saillie: le «Nouvel Observateur» qui avait publié sur son site Internet un SMS attribué au président de la République.
16 février 2008 : Rama Yade accuse la gauche de racisme
Revenant lors d’une réunion publique à Colombes sur l’épisode des squatters d’Argenteuil, la secrétaire d’Etat, qui lit son texte, s’attaque vigueur à la gauche : «Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés. C’est cette gauche qui s’en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste […] qui s’en prend à moi parce que je suis noire».
28 février 2008 : «Il faut tout tenter dans une ville», même le Malodore En visite de soutien au maire UMP d'Argenteuil, Rama Yade est interrogé sur l'achat par le maire d'un répulsif anti-SDF: «Il faut tout tenter dans une ville, il faut essayer», répond la secrétaire d'Etat. «Un maire n'agit pas parce qu'il se réveille un matin et qu'il a envie de faire comme il veut. Il répond aux préoccupations d'une population.» Rama Yade reviendra plus tard sur ces propos: «Dans la rapidité, dans un couloir, je me suis peut-être très mal exprimée»
16 mars 2008 : La défaite à Colombes, «c’est pas grave»
Déçue mais pas trop, Rama Yade après sa défaite aux municipales de Colombes. En direct sur France 2, la secrétaire d’Etat livre son analyse du scrutin avant de conclure: «Bon après, c’est la démocratie, c’est comme ça, c’est pas grave».
Débat: que pensez-vous de Rama Yade? Est-ce juste une Gaston Lagaffe de la politique ou, au contraire, une indispensable donneuse de leçons?
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