«Les manif', c'est pour la bonne cause!»

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Publié le 4 avril 2008.

INTERVIEW- Baptiste Bardoux, militant de la première heure dans son lycée de Seine-et-Marne...

Les cours ont repris à 8 heures pour tout le monde, vendredi, au lycée technique La Fayette (77). Les lycéens, qui faisaient le blocus et n'allaient plus en cours depuis le 13 mars, ont lu un message à l'intention des autres élèves, expliquant qu'ils reprenaient le chemin de l'école. Pour autant, l'un d'entre eux, Baptiste Bardoux, en première STI, explique que la mobilisation contre la suppression des postes d'enseignants et la réforme de l'enseignement professionnel, continue sous d'autres formes.

Des postes vont-ils être supprimés au lycée technique La Fayette?
Oui, neuf postes, dont celui du prof de philosophie, qui ne sera pas remplacé. Pour protester, les enseignants ont bloqué le lycée à partir du 13 mars, pendant huit jours. Depuis, il n'y a plus de blocus, mais des élèves ont pris le relais en n'allant pas en cours.

Que redoutez-vous?
Quand on redouble en terminale maintenant, c'est soit dans un autre lycée soit en repassant le bac en candidat libre, sans aller en cours. Et dans ce cas, difficile d'être au niveau... On va devoir refuser des élèves à la rentrée, en leur demandant de chercher une place dans un autre lycée ou leur demander de changer d'option. C'est ce qu'on ne veut pas.

Depuis le début, vous-êtes vous mobilisés?
A la première manif', j'étais seul. À la deuxième, on était 10. Et jeudi, 40. Il y a de plus en plus de monde... Les parents et les mairies nous soutiennent de plus en plus. Il ne faut pas que ça dégénère, les manif', c'est pour la bonne cause! Le ministre a dit qu'il y avait 2% de grévistes dans les lycées. C'est faux, le taux est bien supérieur. Tant qu'on ne sera pas écoutés, on ne baissera pas les bras.

Et au lycée?
Jeudi, les élèves, les parents et les enseignants ont occupé le lycée pour discuter lors d'une réunion qui s'est terminée après minuit. Ce vendredi matin, on a lu un message aux élèves, où on leur expliquait qu'on revenait en cours. Il y a le bac à la fin de l'année... Maintenant, on voudrait changer de mode d'action et passer à l'échelle départementale.
Propos recueillis par Dorothée Doublet
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