A la teinturerie Staf, on rince les salariés même à l'étranger

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Publié le 4 avril 2008.

Trois cent quinze euros pour le Brésil. Deux cent trente pour la Turquie. Ce n'est pas le prix du billet d'avion, mais le montant du salaire mensuel proposé, mardi, à sept salariés de la teinturerie Staf d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Les deux offres de reclassement à l'étranger figuraient sur leur lettre de licenciement. « Il ne faut pas se moquer de nous, s'indigne Alain Leclercq, cariste de 38 ans. Déjà avec 1 200 euros, ici, on a du mal à s'en sortir. Alors, avec 230 euros là-bas... » Renzo Raggio en est bien conscient. Directeur des ressources humaines du groupe italien qui gère Staf, c'est lui qui a formulé ces propositions. « La loi française nous oblige à proposer un reclassement. La Turquie et le Brésil étaient les seuls pays disponibles... »

Il n'empêche que sur le parking de l'usine héninoise, hier, la pilule avait du mal à passer. « Le personnel est consterné, explique Rodrigue Farrivaux, délégué du personnel. Les patrons savent pertinemment que personne ne va accepter d'être reclassé pour quelques centaines d'euros. »

A Lille, Vincent Vantighem - ©2008 20 minutes
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