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«A la première manif, ça va. La deuxième, il commence déjà à y avoir des problèmes. Et à la troisième, il y a de la casse»

Des lycéens et enseignants manifestent le 1er avril 2008 à Paris pour protester contre les milliers de suppressions de postes prévues à la rentrée 2008
Des lycéens et enseignants manifestent le 1er avril 2008 à Paris pour protester contre les milliers de suppressions de postes prévues à la rentrée 2008/Patrick Kovarik AFP

EDUCATION- Colère et inquiétude étaient palpables parmi les manifestants…

Jeudi peu avant 14 heures, dans le RER B, direction Luxembourg, à Paris, il n’y a plus un centimètre de place libre. Jennyfer, en Terminale au lycée Descartes (Seine-et-Marne), donne ses dernières recommandations. «Attention au métro du Luxembourg, il y a des gens pas gentils qui nous attendent. Alors on sort tous à la sortie Edmond Rostand, groupés en faisant un minimum de bruit.» La jeune fille a l’expérience des manifestations. Pour celle du jour, contre la suppression des postes des enseignants, elle avoue avoir quelques craintes, notamment les casseurs: «Il y a de plus en plus de monde… En général, à la première manif, ça va. La deuxième, il commence déjà à y avoir des problèmes. Et à la troisième, il y a de la casse.»

Un risque que Marc est prêt à prendre. En tête de cortège, cet élève de seconde au lycée Romain-Rolland (Ivry-sur-Seine) attend que la manifestation progresse. «Les casseurs? C’est un risque, mais si on veut faire passer un message… Les profs sont là et même si on n’est pas à l’école, ils ont un sentiment de profs, ils nous soutiennent. Du coup, on se sent en sécurité.» Pour l’instant, un cordon de CRS empêche les manifestants d’avancer. «D’un côté, il y a les keufs, de l’autre, il y a les jeunes», note en souriant une manifestante.

Devant le jardin du Luxembourg, les lycéens commencent à défiler. La crainte que la manifestation dégénère est palpable. Les lycéens craignent les débordements mais, parfois, les relations tendues avec les policiers. Gaetano est à Gustave-Eiffel, en Seine-Saint-Denis: «On est arrivé pour bloquer le lycée samedi matin. Des policiers sont venus. Ils ont attendu des renforts et puis ils ont utilisé des flash-ball contre nous. Quand on est revenu demander une explication, ils ont sorti des gaz lacrymogènes et nous nous sommes réfugiés dans nos locaux.» «Les élèves sont remontés», explique une enseignante du lycée venue les soutenir. «Et nous aussi, quand on voit comment les policiers se sont comportés contre eux.»


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envoyé par diims


Plus loin, derrière la banderole du lycée Jacques-Decour, dans le 9e arrondissement, Philippine, en seconde, s’insurge: « On est contre la suppression des postes. Les profs ont été formés pour être fonctionnaires. Ce n’est pas normal de supprimer ces postes.» «Notre prof d’histoire nous a dit qu’on allait lui rajouter trois heures alors qu’elle prend 10 heures déjà pour corriger nos copies…», ajoute une élève de terminale littéraire. «On retire des heures de cours de langue, mais on ne touche pas aux mathématiques. On a entendu parler de la disparition d’une filière dans notre lycée», s’inquiète-t-elle.

Ils étaient 6.700 à participer à la manifestation parisienne selon la police et de 17.000 à 20.000 d'après les organisateurs. Sans casse. Seul l'avant du défilé a vu quelques jets de projectiles sur les CRS et des bousculades. La police, de son côté, a affirmé avoir procédé à treize interpellations.
Dorothée Doublet (avec agence)
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