CYCLISME – Dernier vainqueur français du Tour des Flandres en 1992, il nous livre son analyse sur les chances de Sylvain Chavanel, dimanche…
A 28 ans, Sylvain Chavanel s’est découvert un amour tardif pour ces courses flandriennes faites de pluie, de vent et de montées abruptes. Vainqueur de la Flèche brabançonne et de A travers les Flandres, le Français aborde dimanche le Tour des Flandres dans la peau d’un sérieux outsider. Dernier Français à s’être imposé sur «Le Ronde» en 1992,
Jacky Durand parle à 20minutes.fr de cette course qu’il aime et des chances de Chavanel.
Les deux victoires de Sylvain Chavanel dans des courses qui préfigurent le Tour des Flandres sont-elles significatives?
Plus que sa victoire lors de
la Flèche Brabançonne, c’est sa manière de gagner
«A Travers Les Flandres» qui m’a impressionné. C’était une petite répétition du Tour des Flandres avec des pavés, des monts, du vent et tous les favoris étaient présents.
Avec sa forme du moment, il sera très surveillé. Peut-il se glisser dans une échappée?
Il ne tentera pas de partir tôt dans la course, il devra garder la roue de son équipier
Nick Nuyens, qui connaît ces routes par cœur. Après, ce sera à Chavanel de jouer dans les derniers kilomètres.
Pourquoi se découvre-t-il à 28 ans une vocation pour les classiques flandriennes?
A ses débuts, il se voyait plus briller sur les Ardennaises comme Liège- Bastogne-Liège. Il s’est aligné une année sur le Tour des Flandres, sans convaincre. Il a dû penser que les Ardennaises lui convenaient davantage. Depuis son arrivée chez Cofidis, il fréquente des coureurs belges. Ils ont la culture de ces épreuves. Ils lui ont peut-être fait comprendre qu’il avait les qualités pour faire des résultats dans les Flandres.
Il semble tout juste commencer à aimer ces courses…
En Belgique, il y a une culture du Tour des Flandres. En France, lors des stages d’hiver, tout le monde pense Tour de France. Au début des années 90 quand j’ai débuté, les Français y allaient en reculant. Les Belges, eux, parlent du moindre changement de pavé dans les monts comme le Bosberg. C’est le gros désavantage de Chavanel: au Tour des Flandres on peut être le plus fort et se retrouver piégé. C’est une course qu’il faudrait connaître par cœur.
Vous l’aviez pourtant gagné à votre deuxième participation...
C’était une configuration spéciale,
j’étais parti dans une échappée dès le départ. Il était moins important de bien se placer avant les monts.
Le public belge avait accueilli votre victoire en 1992 avec une certaine froideur…
C’est vrai, mais l’avantage avec le public belge, c’est qu’il connaît le vélo. Comme j’ai confirmé par la suite, ils se sont rassurés, en se disant que je n’avais pas complètement gagné par hasard.
Propos recueillis par Alexandre Pedro