JO - David Douillet annonce une position commune pour les Jeux de Pékin...
L’heptathlonienne Marie Collonvillé nous l’avait elle-même
confié récemment sur 20minutes.fr: «On aurait beaucoup plus de force si l’on parlait d’une seule voix.» Après les initiatives isolées
ici ou
là, c’est désormais chose faite. David Douillet, co-président de la commission des athlètes du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), jusque là assez discret, a décidé d’apporter ce mercredi - en marge de
la conférence de presse de présentation du parcours de la flamme olympique à Paris - une cohérence au discours des athlètes français en choisissant un signe distinctif commun pour rappeler l’attachement des sportifs français aux Droits de l’homme.
«Je passe ma vie au téléphone depuis lundi»
Pour l’ancien judoka, il était temps d’agir car la préparation des athlètes pour les Jeux commençait à être perturbée. «Les athlètes ont été extrêmement choqués par la récupération de leurs propos. […] Ce n’est pas facile de s’entraîner dans ces conditions.»
Depuis le début de la semaine, Douillet a tenté de joindre le plus grand nombre de sportifs pour que tous puissent prendre position une fois pour toute et rester concentrés sur la préparation des Jeux. «Je passe ma vie au téléphone depuis lundi.»
Pas de ruban blanc
L’ancien champion olympique a donné rendez-vous à la presse vendredi midi au siège du CNOSF. Il y tiendra une conférence de presse au cours de laquelle il annoncera le signe distinctif choisi par les sportifs. Un choix particulièrement délicat… «Le CNOSF considère qu’un signe distinctif pourrait déranger certaines autres délégations. Par exemple, on ne peut pas avoir de ruban blanc car c’est une couleur de deuil dans d’autres civilisations.»
Le CNOSF, justement, par la voix de son président Henri Sérandour, a invité les athlètes français à discuter avec leurs homologues étrangers. «Ce que je ne veux pas, c’est perturber la cérémonie d’ouverture par un signe que nous serions les seuls à avoir. Ce serait une atteinte à la liberté d’expression des autres athlètes.»
« Nos anneaux transformés en menottes, ça me choque »
Les sportifs ont été nombreux à rappeler leur attachement aux Jeux olympiques et à tous leurs symboles, la flamme comme les anneaux olympiques. David Douillet s’est ému des tee-shirts de Reporters sans frontières: «De voir nos anneaux transformés en menottes, ça me choque. On peut exprimer des choses mais il ne faut pas exploiter les symboles des autres.»
D’autres ont parlé de l’honneur que représentait le port de la flamme olympique. Richard Dacoury, l’ancien basketteur international, a rappelé son expérience de porteur de la flamme en 2004: «J’étais étonné de me voir aussi ému et c’est une émotion que je ne voudrais pas voir perturbée.» Les athlètes français devraient porter leur signe distinctif (qui sera dévoilé vendredi) à l’occasion du passage de la flamme olympique lundi prochain à Paris.
Julien Debove