Indicateurs des lycées: pourquoi il faut relativiser ces résultats

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Publié le 2 avril 2008.

REACTIONS - La FCPE, Emmanuel Davidenkoff et un sociologue attirent l'attention sur d'autres critères...

«Aujourd'hui, vous avez entre 75% et 80% de réussite au bac en moyenne dans les lycées, ce n'est donc pas ce résultat qui fait la différence.» Le président de la Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques (FCPE), Faride Hamana, appelle à relativiser les indicateurs des lycées publiés ce mercredi par le ministère de l'Education nationale (>> Pour consulter tous les résultats, cliquez sur notre moteur de recherche). Selon lui, «le projet éducatif, l'offre de formation, le cadre de vie, l'équipe enseignante, les ressources documentaires ou encore la restauration sont autrement plus importants. Ce qui prime, c'est que l'élève se sente bien dans l'établissement et qu'il lui corresponde.» Plutôt que de consulter les taux de réussite, «le meilleur moyen de s'en rendre compte est encore d'aller aux portes ouvertes», poursuit-il.
 
Un avis partagé par Emmanuel Davidenkoff, spécialiste de l'éducation et rédacteur en chef de Phosphore.com «La lecture de ces indicateurs étant complexe, nous avons interrogé une dizaine de chefs d'établissement sur les bonnes raisons de choisir un lycée, explique-t-il. La plupart ont répondu que l'établissement devait avant tout correspondre au profil de l'élève, ses qualités, ses défauts, son aptitude au travail, sa personnalité...» En outre, Phosphore.com donne la possibilité aux élèves mais aussi aux enseignants d'évaluer leur lycée selon cinq critères, qui vont de la cantine à prise en charge des élèves en difficulté en passant par les activités périscolaires.

Pour François Dubet, sociologue de l’éducation, les chiffres publiés par le ministère ont toutefois «l’avantage de distinguer la valeur ajoutée réelle du lycée. En cela ils sont équitables.» Mais ce qu'ils ne disent pas, c’est la motivation des familles. Ainsi, les bonnes performances des lycées privés par endroits, comme en banlieue parisienne, s’expliquent par le fait que «les familles qui choisissent le privé ont un investissement fort dans l’éducation de leurs enfants, donc on peut estimer qu’à catégorie sociale égale, ces élèves seraient de toute façon meilleurs». François Dubet estime que souvent, et surtout lorsque les contrastes sociaux sont forts, c’est «moins le privé qui attire que le public qui rebute. Cela pose question à l’Education nationale: pourquoi n’est-elle pas capable de garder ces élèves?» Le spécialiste note enfin que l’on retrouve aussi des lycées privés parmi les moins performants: ce sont ceux dont le système public ne veut plus.»


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