Ce qu'il faut retenir de la performance des lycées français en 2007

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Publié le 2 avril 2008.

EDUCATION - Le privé s'en sort-il mieux? Y-a-t-il eu une évolution au cours des années? Quels chiffres sont vraiment révélateurs? 20minutes.fr fait le point...

La fin de l'année scolaire approche et il sera bientôt temps pour les collégiens de choisir un lycée. La publication ce mercredi des indicateurs de réussite des établissements, calculés par le ministère de l'Education nationale à partir des résultats au bac 2007, peut les y aider. Encore faut-il décrypter ces chiffres. En plus de son moteur de recherche détaillé, 20minutes.fr fait le point sur les grandes tendances observées et sur ce qui distingue vraiment un lycée d'un autre, au-delà du simple taux de réussite au bac. Explications.

>> Pour trouver la performance de votre lycée, rendez-vous sur notre moteur de recherche

Depuis quand publie-t-on ces indicateurs et pourquoi?
La Direction de l'Evalution, de la Prospective et de la Performance (Depp) du ministère de l'Education nationale publie ces indicateurs chaque année depuis treize ans. Objectif: «En finir avec ce fameux taux de réussite au bac, à partir du quel on a trop longtemps établi des classements arbitraires, explique à 20minutes.fr Daniel Vitry, directeur de la Depp. La nouveauté cette année, c'est qu'on fait quelque chose de ces chiffres.» Autrement dit, l'équipe du ministre Xavier Darcos a largement communiqué sur leur publication et demandé à la Depp d'en tirer quelques conclusions, afin d'éclairer la lanterne des élèves et de leurs parents.

En quoi ça consiste?
Le ministère donne toute une série d'indicateurs qui permettent de savoir si les 3.626 lycées généraux et technologique (LGT) ou professionnels qu'il a passés au crible ont fait progresser, stagner ou régresser leurs élèves, s'ils ont su les emmener de la seconde jusqu'au bac ou les faire redoubler en terminale afin qu'ils obtiennent le fameux sésame pour l'enseignement supérieur.
(>> Pour comprendre comment sont calculés ces indices de performances, cliquez ici).

Ainsi, un lycée qui obtient 100% de réussite au bac pour ses terminales mais qui se situe largement en dessous de la moyenne concernant le taux d'accès à l'examen de ses élèves de seconde trahit sa politique sélective (il ne recrute que des bons élèves en première ou terminale) ou son manque de filières.

Quelles conclusions tirer des résultats 2007?

- En trois ans, la situation a évolué pour la moitié des lycées généraux et technologiques:
«Si l'on compare le nombre de lycées qui se situent au-dessus ou en dessous de la moyenne en termes de taux de réussite au bac et de taux d'accès depuis la seconde entre 2004 et 2007, on observe peu de changements», note Daniel Vitry, précisant qu'ils (les LGT, ndlr) sont 699 dans le premier cas en 2007 (contre 687 en 2004) et 565 dans le deuxième cas en 2007 (contre 580 en 2004). «Mais si on y regarde de plus près, souligne-t-il, on s'aperçoit que dans ces deux catégories, près ou plus de 50% des lycées ont changé de bord. Les uns sont passés dans la catégorie au-dessus de la moyenne, tandis que les autres ont basculé dans celle en dessous de la moyenne.» Conclusion du spécialiste: «Le système n'est pas homogène, il y a des crus meilleurs que d'autres, où la rencontre entre une génération d'élèves et le travail de l'équipe pédagogique produit de plus ou moins bons résultats.»

- Le privé n'est pas vraiment meilleur mais moins mauvais en taux de réussite au bac:
Si l'on ne regarde que les taux de réussite brut au bac, la différence entre lycées publics et privés fait frémir. Toujours du côté des LGT, les premiers ne sont que six en France à obtenir 100%, quand ils sont 56 du côté privé... Si l'on considère l'ensemble des données, le public va mieux mais les écarts subsistent: 26,5% des LGT publics se situent dans le haut du panier, contre 37% pour les LGT privés; 28,8% des LGT publics par contre sont en échec, contre seulement 16% pour ceux du privé. «Un établissement privé n'a pas intérêt à être dans le bas du classement s'il souhaite faire la différence avec le public. Son mode de financement lui donne une obligation de résultats», en conclut Daniel Vitry.

Le public rattrape le coup sur l'accompagnement des élèves depuis la seconde:
De fait, 48,6% des LGT publics, contre 43% des privés, emmènent plus d’ouailles de la seconde jusqu’au bac que l’académie attendait d’eux vu l’origine sociale et l’âge de leurs élèves. Un jeune a donc plus de probabilités de faire toutes ses années de lycées dans le même établissement dans le public que dans le privé, plus sélectif.
Catherine Fournier
Emploi

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