«Passer la part des transports en commun de 8% à 16 %»

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Publié le 1 avril 2008.

INTERVIEW - Bernard Marquié, adjoint au maire aux Transports de la ville de Toulouse, a répondu à «20 Minutes»

Le nouveau maire de Toulouse (PS), Pierre Cohen, a érigé les transports au rang de «grande cause» du mandat. Pour mettre en musique ses promesses de campagne – développement des transports en commun, tramway circulaire – il a nommé au poste d’adjoint au maire un spécialiste de la question: le communiste Bernard Marquié, cheminot de son état, ancien vice-président de la région chargé des transports. Interview.

Quand se tiendront les assises de la mobilité promises ?
C'est effectivement un des principaux engagements de la campagne électorale. La conclusion de ces assises aura lieu fin juin, sur toute une journée.

Comment vont-elles se dérouler?
Nous allons les organiser en plusieurs étapes. Des réunions auront lieu au mois de mai dans les six territoires où nous avons nommé des adjoints. Tous les acteurs de ces secteurs pourront dresser le bilan des transports aujourd'hui. Si l'offre est suffisante, s'il en faut d'autres. Le mois de juin verra des réunions thématiques, par exemple sur les modes doux. Le conseil régional a l'intention de préparer un Grenelle des transports régionaux, qui devrait se tenir à la rentrée, et auquel nous porterons le travail issu des assises.


Quelles sont vos autres priorités?
Rapidement, nous proposerons la gratuité pour les moins de 26 ans. C'est une décision politique qui ne nécessite pas des travaux d'envergure. Nous l'avons chiffrée à 12 millions d'euros par an.


Le maillage des quartiers est-il à l'ordre du jour?
Aujourd'hui, pour aller d'un quartier périphérique à un autre, il faut passer par le centre-ville. Il ne s'agit pas de construire des lignes de tram, mais de voir comment on redéploie certaines lignes de bus pour être plus efficace. On peut aussi généraliser le système de priorisation des bus aux feux: dès qu'ils sont à 100 mètres du feu, ce dernier passe au vert.

Allez-vous relancer le projet de station métro-gare à Niel?
Sur Niel, la station de métro est décaissée. Il faut réfléchir, en concertation avec le conseil régional, à la création d'une gare terminus en surface. Et dans le prolongement, cela permettrait d'étudier la solution d'une gare pour le Cancéropôle.

Allez-vous poursuivre tous les projets engagés par Tisséo: prolongement de la ligne B à Labège, mise à 52 mètres de toutes les stations de la ligne A?
Ces mesures-là, c'est le minimum du minimum à faire. Aujourd'hui, on est à saturation des lignes, la seule question est de savoir pourquoi on n’a pas mis toutes les stations à 52 mètres avant. Ce sont des anomalies que nous essaierons de ne pas reproduire. Il faut arrêter la guéguerre politique, l'enjeu c'est de travailler ensemble.

A quoi servirait le tramway circulaire annoncé?
En plus des bus, ces trams circulaires, l'un à l'intérieur de Toulouse, l'autre dans la première couronne, éviteraient de passer par le centre-ville et limiteraient la congestion du métro.


Quel est votre objectif en matière de transports en commun?
Faire passer leur part dans les déplacement de 8% actuellement à 16%, voire 18% dans six ans.


Allez-vous conserver la navette gratuite en centre-ville?
Nous allons la conserver et voir si nous pouvons élargir son rayonnement et améliorer sa cadence.

Etes-vous toujours pour la fermeture de l’aéroport la nuit?
Oui, nous allons réclamer sa fermeture la nuit, dans un premier temps de minuit à 6h, puis de 22h à 6h. Il faut pour cela rechercher des possibilités de délestage du fret et des charters sur d’autres aéroports de la région. Il faudra aussi relancer l’isolation phonique des logements des riverains.

Y a-t-il d’autres idées dans vos tiroirs?
Nous voulons régler la problématique de la livraison de marchandises en centre-ville. On peut imaginer un centre de distribution et de livraison par rue, accessible à des heures spécifiques. Je voudrais aussi que l’on s’emploie à réaménager les passages à niveaux dangereux, comme ceux de la route Seysses et de Déodat-de-Séverac, avant qu’une catastrophe se produise.
Recueilli par B. C. et H. M., à Toulouse
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