«Combien de fois faudra-t-il répéter les choses pour être entendu... Ça devient désespérant.» Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, nous a reçus hier pour une interview au ton vif. Les lycéens doivent de nouveau défiler aujourd'hui à l'appel des syndicats UNL et FIDL contre la suppression de 11.200 postes dans l'Education nationale, dont 8.830 postes de professeurs dans les collèges et lycées, à la rentrée prochaine. Une manifestation nationale est aussi prévue demain. Face à ces défilés, qu'il juge «inutiles», infondés et menés par des «mineurs» de surcroît «ignorants», Xavier Darcos perd sa bonhomie coutumière. Il semble lassé de devoir batailler avec les chiffres, quand il voudrait discuter réforme et avenir de l'école. Son leitmotiv: mettre 1.000 profs de plus ou de moins au tableau noir ne changera rien à la qualité des cours, qui ne cesse de se dégrader. Sur le terrain, de nombreux enseignants craignent pourtant de devoir fermer des options, interrompre des projets, gérer des classes à 38 élèves. Le ministre balaie ces inquiétudes d'un revers de la main. «Retirer 0,7% des effectifs ne changera rien, à part dans quelques classes ici ou là.» A titre comparatif, 5 500 postes ont été supprimés dans le second degré en 2006, 8.000 en 2005 selon le syndicat SE-Unsa.
Pour l'instant, même si plusieurs lycées, notamment en région parisienne, sont en grève depuis des semaines, le mouvement prend peu d'ampleur : les manifestations de jeudi dernier et du 19 mars n'ont rassemblé que 4.000 à 10.000 personnes chacune. Mais aujourd'hui, la grogne pourrait monter en province.