Sans elle, peut-être sévirait-il encore. Le procès de Michel Fourniret devant les assises des Ardennes à Charleville-Mézières, s'est concentré hier sur la déposition de l'adolescente belge qui a réussi à s'échapper de son fourgon en 2003, provoquant son arrestation. Marie ? qui a souhaité garder l'anonymat ? a raconté comment le 26 juin 2003, Fourniret l'a abordée, au volant de sa camionnette, lui demandant sa route, près de Ciney (Belgique). Agée alors de 13 ans, elle avait fini par monter à bord. Très vite, elle se retrouvait ligotée à l'arrière. « Il m'a dit : ?Tais-toi, sinon je te tue (...) tu dois me donner du plaisir, sinon tu ne rentreras pas? », a-t-elle expliqué à la barre. Parvenant à défaire ses liens, elle avait profité d'une portière mal fermée et d'un arrêt à un stop pour descendre du véhicule. Prise en charge par une automobiliste, Stéphanie Janton, elle avait recroisé la camionnette de Fourniret et noté sa plaque, menant directement à son interpellation. Pendant tout son récit, l'accusé est resté impassible. Comme depuis le début de son procès, il a refusé de s'exprimer, mais pas de provoquer.A Marie, il a souhaité remettre un document avec un dessin. Et au président, lui demandant : « Vous n'avez donc rien à dire sur ces faits ? », Fourniret a répondu : « Je brûle d'envie de les commenter mais je ne le peux pas. » « Dans un procès public, je ne parlerai que du bout des lèvres, il y a donc quantité d'informations que les familles sont assurées de ne jamais avoir », a-t-il lâché.
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