Selon Fillon, «pas de plan de rigueur», mais «des mesures d'économie»

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Publié le 31 mars 2008.

GOUVERNEMENT - Le Premier ministre promet qu'il n'y aura pas d'impôts supplémentaires…

«Pas de plan de rigueur», mais des «mesures d'économie». François Fillon joue avec les mots pour faire passer le serrage de ceinture imposé par la situation économique.

A l'issue du séminaire gouvernemental sur l'économie et le social, le Premier ministre a annoncé «l'intégration de mesures d'économies liées à la réforme de l'Etat» dans le budget 2009. La réunion, a-t-il expliqué, a aussi abordé «les conditions du retour des finances publiques à l'équilibre en 2012, et donc les mesures à prendre pour permettre en 2008 une tenue ferme des dépenses pour atteindre l'objectif à 2,5% (de déficit) que nous nous sommes fixé».

Le Parti socialiste sceptique

François Fillon avait assuré dimanche qu'il n'y aurait «pas de plan de rigueur» et «pas de coupes sombres dans les budgets publics», malgré la hausse attendue du déficit public en 2008. Sur TF1 dimanche, le chef du gouvernement a accusé le premier secrétaire du PS, François Hollande, de «répéter» le contraire «de façon un peu lancinante et un peu sotte». Plus d'impôts serait «l'assurance de casser la croissance qui reste, la croissance résiduelle après les effets» de la crise financière internationale actuelle.

Le parti socialiste continue néanmoins d'annoncer le spectre d'un plan de rigueur. «On a là tout un faisceau de mesures et de politiques déjà engagées qui font sens : une gestion sérieuse, c'est une politique de rigueur», a déclaré Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande lundi matin.

Ne pas être inhibé par les «difficultés économiques et financières»

Le gouvernement vient de réviser à la baisse ses prévisions de croissance pour 2008 dans une fourchette entre 1,7% et 2%, contre 2,25% dans le budget. Il a aussi revu à la hausse son objectif de déficit public pour cette année, visant désormais 2,5% du PIB contre 2,3% prévu initialement.

M. Fillon a reconnu un «trou d'air» lié à la crise internationale, tout en estimant que «beaucoup de pays européens vont connaître les mêmes difficultés». «Ce qui compte pour les Européens, c'est que la France fasse ses réformes, qu'elle ne soit pas inhibée par les difficultés économiques et financières», a-t-il dit, alors qu'un séminaire gouvernemental sur le calendrier des réformes à venir se tient lundi.

Auparavant, le ministre du Budget, Eric Woerth, avait indiqué sur BFM qu'il voulait «annuler» la moitié de la «réserve de précaution» de 7,2 milliards d'euros prévue dans le budget 2008. Par ailleurs, François Fillon a par ailleurs assuré que le gouvernement «fera» le Revenu de Solidarité active, projet phare pour lutter contre la pauvreté, mais sans préciser à quel horizon. «On le fera dans le cadre de l'engagement qu'on a pris dès 2007 sur les finances publiques, c'est-à-dire pas d'augmentation de la dépense publique. (...) Donc il faut trouver des économies ailleurs pour pouvoir réaliser des réformes sociales.»

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