Etes-vous Novö?

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Publié le 28 mars 2008.

CULTURE - Interview de Jean-François Sanz, commissaire de l'exposition «Des Jeunes Gens Modernes»…

«Le punk proclamait “No Future”. Seulement voilà: le futur est déjà là et les jeunes gens modernes n’ont d’autre choix que de faire avec». Cette phrase résume la teneur de l’exposition «Des Jeunes Gens Modernes», les représentants de la culture post-punk dite «Novö», organisée du 3 avril au 17 mai, à la Galerie du jour, à Paris.

Mais ça veut dire quoi, «Novö»? Interview de Jean-François Sanz, commissaire de l'expo.

Que dire de la scène punk et post-punk en 2008?
Les punks ont aujourd’hui 50 ans. Leur culture, qui fait partie du patrimoine culturel français, est inexploitée depuis une trentaine d’années. Aujourd’hui c’est un peu devenu la tarte à la crème d’avoir des vidéos sur scène ou des performances en parallèles. Mais à l’époque, quand différents univers créatifs se sont rapprochés, où des passerelles se sont créées entre musique, graphisme, mode et cinéma. c’était novateur. La scène punk est axée sur l’attitude, le look. Ils avaient beau s’habiller de façon très élégante, avec leurs petites vestes cintrées et leurs pantalons noirs - rien à voir avec le look hippie, ils se déboîtaient la tête du matin au soir.
C’était important de ne pas donner une image nostalgique de cette scène, qui sentirait la naphtaline, et d’exhumer uniquement des vieilleries: aujourd’hui, Daniel Darc ou Etienne Daho tirent vraiment bien leur épingle du jeu..

L’exposition offre une multiplicité de supports (CD, vinyl) et même un documentaire…
Il fallait rendre compte de manière globale des traces de cette culture. Utiliser la compile vinyle, un support phare de l’époque et qui n’a jamais vraiment disparu, c’est aussi une part de fétichisme par rapport à l’objet.
Le documentaire, réalisé avec Emmanuel Bovet, vidéaste et plasticien, rend compte des entretiens avec la plupart des survivants de l’expo. On y retrouvera des gens très connus, d’autres plus obscurs. Parmi eux: Lio, Daho, Elie et Jacno et Charles De Goal.
On a réussi à voler quelques image d’Yves Adrien, écrivain dandy, qui ne souhaitait pas apparaître dans le film, mais on voit son gant, on l’entend parler. Et il m’a beaucoup aidé à trouver des archives. Sa présence fantomatique est un fil rouge. Pour moi, il est une espèce de caution morale pour l’exposition, Pacadis n’étant plus, il devient un peu la figure tutélaire.

Quelle influence cette culture des années 70 et 80 a-t-elle laissé?
Dans la musique ou dans la mode, l’esthétique des années 80 est remise au goût de jour. Les références à toute cette époque passée restent valables et influencent encore ceux qui ne sont pourtant pas de cette génération-là. Dans la compilation faite à l’occasion, il y a six ou sept morceaux qui sont des reprises par des groupes actuels comme Les Penelopes ou Poni Hoax qui réinvente «le Marquis de Sade» avec classe.
Charles Dufresne
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