JUSTICE – Au deuxième jour d’audience, une vingtaine d’avocats sont venus manifester leur opposition au projet de suppression des juges d’instruction...
Il y a eu des invités surprises, vendredi matin, au procès de Michel Fourniret et Monique Olivier. Alors que la cour d’assises des Ardennes avait repris la litanie de l’exposé des victimes présumées du couple, une vingtaine d’avocats, tous en robe, se sont réunis dans le palais de justice pour manifester leur opposition au projet de réforme judiciaire de Rachida
Dati. Dans leur ligne de mire, la suppression annoncée des juges d’instruction.
Justice spectacle
«Les moyens financiers qui manquent cruellement à la justice ordinaire sont pourtant déployés pour une justice spectacle», a ainsi déploré le barreau des Ardennes dans un communiqué, dénonçant le refus de la création d'un pôle de l'instruction à Charleville-Mézières.
Une manifestation «justifiée», selon Me Didier Seban, avocat de la famille Desrammault. «Alors qu'un travail énorme a été fourni par les juges d'instruction qui ont travaillé sur cette affaire pour aboutir à ce procès, on annonce la suppression de cette fonction dans ce tribunal, explique-t-il. Les habitants de Charleville-Mézières devront se rendre jusqu'à Reims pour voir leur dossier instruit. C'est une destruction des compétences.»
Qu'en pensent les familles des victimes? «Elles estiment que le procès doit ce concentrer sur leur douleur, mais lorsqu'on leur explique les motivations des avocats, elles comprennent».
Cette manifestation n’a cependant pas gêné le déroulement de l’audience qui a pu reprendre, à 14h, avec un premier point sur la personnalité, retors, de Michel Fourniret.
Sandrine Cochard, à Charleville-Mézières