Procès Fourniret: la deuxième journée d'audience
Créé le 28.03.08 à 09h41
Mis à jour le 28.03.08 à 20h29
JUSTICE - Le procès Fourniret, suivi en direct.
Après être resté obstinément muet,
jeudi, Michel Fourniret va-t-il davantage coopérer avec la cour d'assise des Ardennes?
>> Pour tout comprendre de l'affaire, cliquez ici.
>> Notre article sur la personnalité des deux accusés est ici
La deuxième journée d'audience est terminée. Fourniret a promis de réfléchir pendant le week-end au fait de tout de même s'exprimer, malgré l'absence de huis clos.
A l'issue de l'audience, les familles des victimes se sont exprimées face à la presse. Soudées, elles affichent leur réponse au «pacte criminel» scellé entre Fourniret et Olivier: «Aujourd'hui, il y a un pacte de solidarité entre les familles des victimes (...) on se connaît, on se voit souvent, on se soutient mutuellement», a déclaré Jean-Pierre Saison
16h50: l'audience a repris. Le président précise le programme de la semaine prochaine qui devrait débuter par l'examen de l'affaire Mananya Thumpong.
16h18: le président de la cour, Gilles Latapie, informe les accusés qu'ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité et suspend l'audience pour vingt minutes.
16h10: un homme est sorti de la salle d'audience mise à disposition du public pour avoir utilisé son téléphone portable. Un rappel à la loi plus tard, c'est au tour d'une femme d'être conduite vers la porte alors que le ton monte entre elle et son voisin de derrière. On assiste à un procès comme on regarde la télévision.
15h15/16h: les greffières égrènent à tour de rôle la longue liste des chefs d'inculpations à l'encontre cu couple.
La dynamique du couple
15h: Monique Olivier n'est pas soumise à Michel Fourniret mais a contribué à activer la perversité de celui-ci. «Chacun a eu besoin de l'autre pour faire valoir ses fantasmes», note la greffière. Et d'ajouter: «Dans l'interaction entre les deux partenaires, l'un et l'autre étaient tour à tour instrument et instrumentiste.»
La personnalité de Monique Olivier
14h50: Monique Olivier ne présente aucune déficience intellectuelle, note un expert belge qui la rencontre. Il décèle également une faible estime de soi et une incapacité à prendre des décisions. Une autre psychiatre, français, lui donne 131 de QI, un chiffre qui la classe dans la catégorie des surdoués. Sa force: savoir provoquer et utiliser la perversité des hommes à leur insu. Elle est consciente de la gravité des faits qui lui sont aujourd'hui reprochés. Elle est décrite comme «insensible à la douleur d'autrui» et «perverse». Les experts notent tous sa participation active aux crimes attribués ou reconnus par Michel Fourniret. Celui-ci semble s'ennuyer tandis que Monique Olivier garde la tête baissée. Les experts notent encore qu'elle ne craint pas vraiment Michel Fourniret et qu'elle semble avoir tiré avantage de sa vie quotidienne avec lui.
14h45: au tour de Monique Olivier, issue d'un milieu modeste, mais non carencée sinon de l'affection de son père, selon les renseignements donnés par la greffière. Elle fait la connaissance d'André M., son premier mari, à 22 ans. De cette union sont nés deux enfants. Son père la décrit comme renfermée, têtue et capricieuse. Ses enfants la considèrent comme passive, craintive et vulnérable. A ce jour, son casier est vide, selon la greffière.
La personnalité de Michel Olivier
14h40: cynique et sans empathie: une nouvelle expertise, réalisée en 2005, précise la cruauté de Michel Fourniret. L'inceste dont il dit avoir été victime dans son enfance, par sa mère, pourrait être à l'origine de son fantasme de la virginité. Une thèse contestée par d'autres psychiatres qui pensent que ce fantasme n'est qu'une excuse pour passer à l'acte et tuer. Certains psychiatres notent une absence d'émotivité de Fourniret fasse aux victimes. Michel Fourniret présente toutes les caractéristiques du pervers sadique: ego surdimensionné, sentiment de toute puissance, absence d'empathie... Selon cette expertise, il n'est ni curable, ni réadaptable.
14h35: un point sur les expertises psychiatriques. En 1966, en psychiatre, qui le voit après sa condamnation pour attouchements sur mineures, conclut que le tueur en série présumé était curable et réadaptable. En 2004, en Belgique, un autre expert le classe dans la catégories des manipulateurs, éprouvant des difficultés à élaborer une pensée logique, et indique qu'il représente une dangerosité car ne pouvant contrôler ses pulsions sexuelles. Il souligne également le caractère antisocial et son absence de sentiment envers les victimes.
14h30: la greffière emploie plusieurs les qualificatifs «manipulateur» et «dominateur» pour le décrire.
14h28: «travailleur, ambitieux, introverti mais prétentieux et imbus de lui-même au point de refuser certains travaux», voilà comment les anciens collègues de Michel Fourniret se souviennent de lui.
14h22: l'audience reprend et s'ouvre sur une première analyse de la personnalité de Michel Fourniret. La greffière détaille la famille du tueur en série présumé, né à Sedan le 4 avril 1942. A l'évocation de la mort de son frère et de sa soeur, il ne bouge pas. Le parcours scolaire et professionnel de Michel Fourniret est ensuite expliqué.
14h15: l'audience n'a toujours pas repris. Les avocats des parties civiles et des accusés ont repris leur place et attendent l'arrivée de la cour.
La réforme Dati s'invite au procès
11h31: Selon Me Didier Seban, cette manifestation est «justifiée». «Alors qu'un travail énorme a été fourni par les juges d'instructions qui ont travaillé sur cette affaire pour aboutir à ce procès, on annonce la suppression de cette fonction dans ce tribunal, explique-t-il. Les habitants de Charleville-Mézières devront se rendre jusqu'à Reims pour voir leur dossier instruit. C'est une destruction des compétences.» Qu'en pensent les familles des victimes? «Elles estiment que le procès doit ce concentrer sur leur douleur, mais lorsqu'on leur explique les motivations des avocats, elles comprennent», assure-t-il.
11h12: «les moyens financiers qui manquent cruellement à la justice ordinaire sont pourtant déployés pour une justice spectacle», déplore le barreau des Ardennes dans un communiqué, dénonçant le rejet de la création d'un pôle de l'instruction à Charleville-Mézières.
11h: Le président de la confédération des bâtonniers, Me Pascal Eydoux, explique qu'il ne sagit pas de troubler le procès mais d'attirer l'attention sur une réforme décriée. A ses côtés, des avocats brandissent des panneaux indiquant leur barreau d'appartenance ou leurs réclamations.
10h45: Sur la demande du bâtonnier, le président de la cour, Gilles Latapie, suspend la séance qui reprendra à 14h. A l'extérieur de la salle, une vingtaine d'avocats en robe manifestent contre la réforme de la carte judiciaire défedue par Rachida Dati.
10h38: Michel Fourniret garde les bras croisés, les yeux clos. Ecoute-t-il l'exposé? Se remémore-t-il la scène? Se sent-il à ce point non concerné qu'il réfléchit à autre chose ou somnole?
>> Voir le portrait de Michel Fourniret et celui de Monique Olivier.
L'évocation des meurtres de Mananya Thumpong et Cécile Saison
10h28: Au tour de l'affaire
Mananya Thumpong, 13 ans, enlevée le 5 mai 2001, à Sedan, alors qu'elle revenait de la médiathèque. Ses ossements ont été retrouvés en Belgique, dans le bois de Nollevaux, à une trentaine de kilomètres de la ville. Un bout de cheveu noir lui appartenant sera retrouvé dans la camionnette de Michel Fourniret.
10h20: A plusieurs reprises, la greffière précise que Michel Fourniret demande à sa victime de le supplier de la violer. Lors d'une audition par des enquêteurs, Monique Olivier avait affirmé que le tueur en série présumé n'était pas du genre à forcer la main mais tirait une jouissance à être supplié par les femmes pour avoir des rapports sexuels.
10h18: Vêtu comme la veille, Michel Fourniret arbore toujours un air distant, presque ennuyé, tandis que Monique Olivier adopte la même attitude effacée, presque craintive.
>> A lire: Qui sont les victimes de Michel Fourniret?
10h10: la greffière détaille l'enlèvement et le meurtre de Céline Saison, 18 ans, morte peu après avoir passé une épreuve du Bac. Selon l'exposé des faits, Michel Fourniret la viole avant de lui dire qu'il ne peut la laisser en vie car elle risquait de le reconnaître.
Recours à la contrainte
10h05: Après que le président Gilles Latapie a ouvert la séance du deuxième jour du procès de Michel Fourniret et Monique Olivier, le ministère public prend la parole et fustige le comportement du tueur en série présumé la veille. L'appelant à «un peu de décence», le magistrat lui rappelle sèchement que, «depuis quatre ans, vous ne contrôlez plus rien, vous n'avez pas le droit d'imposer ce que vous voulez, alors cessez.» Et de préciser que Michel Fourniret serait «amené de force» chaque jour à son procès, alors qu'il a fallu recourir à la contrainte pour qu'il soit présent ce vendredi au deuxième jour d'audience.
>> A lire: Qui sont les victimes de Michel Fourniret?
Cet article n'étant ni un débat sur la peine de mort ni un appel à contribution sur les supplices à infliger à Michel Fourniret et Monique Olivier, nous sommes contraints de le fermer aux commentaires. Merci de votre compréhension.