JUSTICE - Au-delà de son procès hors normes, le tueur en série présumé s'est fait remarquer en refusant de répondre à la cour...
Michel Fourniret donne le ton. Ses avocats avaient annoncé mercredi qu'il prendrait la parole pour une déclaration au début de son procès hors normes, où toute la presse française et internationale s'était donné rendez-vous. Jeudi, devant la cour d'assise des Ardennes, à Charleville-Mézières, le tueur en série présumé est resté obstinément muet.
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Une lettre de six pages
En pull bleu clair, barbe blanche et lunettes rondes sur le nez, il refuse de répondre aux questions du président de la cour. Et se borne à brandir une feuille de papier sur laquelle il a écrit «Sans huis clos, bouche cousue». Ou secoue la tête pour signifier son opposition à ce procès. Il transmet juste au président de la cour un parchemin, enroulé et attaché par un fil, lui demandant de lire pour lui sa déclaration. Une requête que le magistrat rejettera.
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Mais que contient ce fameux parchemin? 20minutes.fr a pu lire le document qui commence par ces mots: «Difficile de prendre la parole quand tout ce que l'on a à dire n'est pas plus beau que le silence», écrit le tueur en série présumé. Celui qui veut «s'adresser aux familles des victimes» et qui se dit «dénué de tout sentiment humain», écrit «obéir seulement à ne pas bercer d'illusions les familles Mouzin, Domèce et Parrish [pour ces deux dernières, il est mis en examen en dehors de l'actuel procès]». Concernant son épouse Monique Olivier, il écrit qu'elle «ne fut pour moi qu'un objet que mon absence de scrupules manipulât constamment par un jeu pervers». L'accusé cite également un célèbre adage: «Les paroles s'en vont, les écrits restent.»
Monique Olivier, effacée
A l'autre bout du box se trouve Monique Olivier. Cheveux courts et gris, la complice présumée de Fourniret semble résignée. Elle répond aux questions du président; quelques bégaiements dans la voix, la tête baissée, les épaules avachies, parfaitement immobile, elle est presque prostrée. A l'opposé, Michel Fourniret reste impassible, fermement adossé contre le dossier de son banc, les bras croisés ou prenant quelques notes, l'air parfois agacé. A l'évocation par le parquet de ses tentatives de viol sur Elisabeth Brichet, 12ans, Michel Fourniret manifeste des signes d'impatience de plus en plus fréquents.
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Une attitude déplorée, mais attendue par les parties civiles. «Ce sont des pitreries qu'il ne tiendra pas longtemps, assure Me Didier Seban, avocat de la famille Desramault. Michel Fourniret veut signifier qu'il commande et qu'il donne le tempo au procès.» Ce qui le pousse à réclamer, comme la loi l'y autorise, à n'entrer dans la salle qu'après le départ des photographes et des caméras. Il n'y aura donc pas d'images de Fourniret dans son box. Juste des croquis, seule captation autorisée par la loi.
Me Alain Behr, l'avocat de la famille Laville, la première victime du tueur présumé, comprend le besoin de huis clos de Fourniret: «Commettre des crimes est une chose, les assumer devant un tribunal et les familles des victimes en est une autre.» Michel Fourniret aura néanmoins réussi à être le centre de l'attention.
Sandrine Cochard, à Charleville-Mézières