Le procès de Michel Fourniret et Monique Olivier en direct: Le point à 18h55

Publié le 28 mars 2008.

JUSTICE – Suivez le premier jour du procès sur 20minutes.fr, en direct de la salle d'audience...

Un procès hors normes s'est ouvert, ce jeudi matin. Celui de Michel Fourniret, accusé de l'enlèvement, le viol ou tentative et le meurtre de sept jeunes femmes et mineures. Sa femme Monique Olivier comparaît pour complicité dans six affaires et comme co-auteur du meurtre de Jeanne-Marie Desramault. 20minutes.fr vous fait vivre ce procès au jour le jour, en direct de la salle d'audience.

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18h55 Le contenu du parchemin remis par Michel Fourniret au président du tribunal a été remis à la presse. «Difficile de prendre la parole quand tout ce que l'on a à dire n'est pas plus beau que le silence», écrit le tueur en série présumé. Celui qui veut «s'adresser aux familles des victimes» et qui se dit «dénué de tout sentiment humain», écrit «obéir seulement à ne pas bercer d'illusions les familles Mouzin, Domèce et Parrish [pour ces deux dernières, il est mis en examen en dehors de l'actuel procès]». Concernant son épouse Monique Olivier, il écrit qu'elle «ne fut pour moi qu'un objet que mon absence de scrupules manipulât constamment par un jeu pervers». L'accusé cite également un célèbre adage: «les paroles s'en vont, les écrits restent.»

18h10 L'audience est levée jusqu'à vendredi 10h. Me Thierry Moser, avocat de la partie civile fait le point sur la journée. Le fameux parchemin? L'avocat préfère traiter l'histoire avec ironie: «Je n'ai pas encore lu la prose, je ne sais pas encore si c'est du Flaubert!» Plus sérieusement, le juriste décrypte le personnage Michel Fourniret: «Cet homme s'apitoie sur lui-même, c'est méprisable. Il n'aime que lui-même et, encore une fois, il se montre tel qu'il est.» Monique Olivier? «Elle joue la carte de l'effacement et de la discrétion. Elle n'est pas sotte, loin de là. Mais le stratagème ne réussira pas: nous, les avocats des parties civiles, diront quel a été son vrai rôle.» La première journée d'audience a été consacrée à l'exposé des faits. Une expérience douloureuse pour les familles des victimes, «même si elles s'y étaient préparées».

Me Seban est également présent, à l'extérieur du tribunal. Il répond aux journalistes, le fameux parchemin photocopié dans les mains. Un document très long, 6 pages en format A3. Pour l'avocat, c'est simple: «C'est du charabia. Michel Fourniret se dit victime de la surmédiatisation de son procès, il veut un dialogue bilatéral avec chaque famille de victimes.» Comme Me Moser, Me Seban souligne le narcissisme de l'accusé: «Quand il dit qu'il est prêt à se faire couper la tête, c'est du narcissisme, il n'est tourné que vers lui-même, sans aucun remords envers les familles.»


>> Retrouvez l'interview de Me Didier Seban, avocat de la famille Desramault.

17h47
: Le président affirme qu'il va fournir le document qu'il lui a été remis le matin par Michel Fourniret aux avocats des parties civiles. Et lève la séance, qui reprendra vendredi matin à 10h.

17h40: le président de la cour demande désormais aux parties civiles si elles souhaitent observer une courte pause entre les affaires égrénées. Face aux refus de plusieurs d'entre elles, il autorise le parquet à enchaîner plus rapidement l'exposé des affaires. La longue litanie des crimes reprochés à Michel Fourniret et Monique Olivier peut continuer.

17h25: C'est par «sa présence rassurante» que Monique Olivier à contribué à attirer dans le véhicule conduit par Michel Fourniret ses victimes, explique le parquet à plusieurs reprises. Une expression qui sonne bizarrement, au prisme des meurtres avoués.

16h55: après une courte pause, la cour écoute à présent l'exposé de la disparition d'Elisabeth Brichet, 12 ans, enlevée le 20 décembre 1989. Fourniret reste bras croisés, secoue la tête à l'évocation de sa tentative de viol, respire profondément et ce redresse sur son banc. Des signes d'impatience de plus en plus fréquents.

>> A lire: Qui sont les victimes de Michel Fourniret?

16h35: les débats reprennent avec l'exposé de l'affaire Jeanne-Marie Desramault, seul cas pour lequel Monique Olivier est poursuivi à la fois pour complicité et comme co-auteur. Lors d'interrogatoires, Monique Olivier a minimisé son rôle, assurant ne pas avoir fait le guet pendant que Michel Fourniret étranglait Jeanne-Marie. Accusée d'avoir bâillonner la jeune fille, elle a nié être celle qui avait collé les bandes sur la bouche et le nez de la victime devant les enquêteurs, rejetant la faute sur son mari.

>> Retrouvez l'interview de Me Didier Seban, avocat de la famille Desramault.

15h40: le rôle de Monique Olivier est au coeur de l'exposé des faits. Alors enceinte de huit mois, la femme de Michel Fourniret a-t-elle vérifier elle-même la virginité de Fabienne Leroy? At-telle assisté à son viol puis à son meurtre? Les parties civiles demandent une suspension d'audience, acceptée par le Gilles Latapie. Les débats reprendont à 16h30.

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15h20
: face aux détails précis, et éprouvants, donnés par le parquet, le président de la cour de Charleville-Mézières demande une pause entre l'exposé de chaque affaire. Il en profite pour faire un court point de droit avant de repasser la parole au parquet pour l'exposé de l'affaire Fabienne Leroy.

15h10: au tour de l'affaire Isabelle Laville d'être détaillée. Face à l'exposé des faits, deux attitudes différentes: alors que Michel Fourniret se tient droit, fermement adossé contre le dossier de son banc, les bras croisés ou prenant quelques notes, Monique Olivier reste tête baissée, les épaules avachies, parfaitement immobile. Le parquet souligne les déclarations contradictoires de cette dernière: alors qu'elle avait reconnu avoir administré les calmants à Isabelle Laville, elle est revenu sur ses paroles plus tard.

15h: la greffière continue son exposé des faits. Dans le véhicule blanc qui servait à la «chasse», les enquêteurs découvrent des traces de sang, des préservatifs, des ampoules d'éther ou encore un masque inhalateur pour enfant. Le parquet évoque également le projet d'assassiner André M. premier mari de Monique Olivier, projet jeté sur le papier lors de leur correspondance, en 1987. Les deux accusés ne bronchent pas.

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14h43: Alors que la greffière poursuit le récit de l'enlèvement de Marie-Ascencion, Michel Fourniret reste impassible. La cour pointe les déclarations contradictoires du tueur en série présumé, qui est revenu sur ses déclarations après avoir reconnu les faits. Michel Fourniret rejette avoir prémédité son enlèvement bien que la jeune fille a affirmé aux enquêteurs qu'il connaissait les lieux où elle se rendait.

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14h30: L'audience reprend. La cour, par la voix de deux greffières, revient sur les circonstances de l'arrestation de Michel Fourniret, en 2003, en détaillant comment Marie-Ascencion a été enlevé et séquestrée avant de s'échapper. La jeune fille, âgée de 13 ans, est ensuite été recueillie sur la route par une automobiliste qui, en croisant le véhicule dans lequel Marie-Ascencion avait été séquestrée, avait noté le numéro de la plaque. Une vérification plus tard, les enquêteurs découvrent que l'utilitaire blanc est au nom de Monique Olivier.

12h20: Jean-Frédérick Deliège, journaliste belge à «Le Soir Magazine» explique pourquoi toute la presse belge est mobilisée sur ce procès: « C'est une affaire qui a éclaté chez nous, juste à la fin du procès Dutroux. C'est aussi un dossier de tueur en série, dont nous n'avons pas l'habitude en Belgique. Ce procès est le symbole de la collaboration judiciaire et policière franco-belge.»

12h15: Me Alain Behr, l'avocat de la famille Laville fait le bilan de cette première matinée d'audience: «C'est la premère fois que la mère d'Isabelle Laville voyait Michel Fourniret. Imaginez ce qu'il peut se passer dans la tête et dans le coeur d'une maman qui se trouve à quelques mètres de l'assassin de sa fille. L'attitude de Fourniret était assez prévisible, c'est lui qui mène le débat. Je comprends pourquoi il veut que le procès se déroule à huis clos. Commettre des crimes est une chose, les assumer devant un tribunal et les familles des victimes en est une autre.»

12h07: Me Didier Seban, avocat de la famille Desramault, réagit au refus de parler de Michel Fourniret et à sa demande de huis-clos: «Un huis-clos est inevisageable. ( Ses silences, son papier pour communiquer...), ce sont des pitreries qu'il ne tiendra pas longtemps. Michel Fourniret veut signifier qu'il commande et que c'est lui qui donne le tempo au procès.»

>> Retrouvez l'interview de Me Didier Seban, avocat de la famille Desramault.

12h: L'audience est suspendue, elle reprendra à 14h.

11h47: Le premier mari de Monique Olivier André M., veut se faire excuser pour problèmes de santé, invoquant une opération à coeur ouvert récente. L'avocat de la famille d'Isabelle Laville, disparue deux mois parès la sortie de prison de Michel Fourniret, s'y oppose. Il est rejoint par le ministère public qui est prêt à lui proposer une témoignage par visioconférence. Le président de la cour demande donc une expertise médicale à son sujet afin de vérifier son état de santé.

Toutes les parties s'accordent en revanche à renoncer au témoignage du frère de Monique Olivier, convalescent.

11h20-11h40: La cour rappelle le nom de tous les témoins et experts, cités à comparaître tout au long du procès, pour donner leur éclairage sur l'affaire. Ce sont des proches des victimes ou des accusés, des enquêteurs ou des médecins.

11h05-11h17: chaque avocat qui travaille pour les parties civile égrène le nom de ses clients. En tout, ils sont une quinzaine à se constituer partie civile. Certains sont également conseils pour des association de défense de l'enfance.

11h05: les jurés prêtent serment.

10h55: Un juré s'étant fait excuser, son état de santé ne lui permettant pas d'assister à l'audience, le Président tire au sort 6 autres personnes pour assister aux débats.

10h48: comme attendu, Michel Fourniret se met en scène et fait parvenir un papier au Président. Il prend la parole: «Vu que je ne peux prendre la parole, je vous demande de bien vouloir lire cet exposé.» Le Président décline, ironisant sur ce document qui a l'air «formidablement écrit».

10h50: Monique Olivier répond aux questions du Président et décline son identité. Elle a les cheveurx courts et gris, porte un pull blanc à col roulé sous un sweat gris. Elle semble disposée à ne pas contrarier les débats.

>> Voir le portrait de Michel Fourniret et celui de Monique Olivier.

10h40: «Sans huis clos, bouche cousue» En pull bleu clair, barbe blanche et lunettes rondes sur le nez, Michel Fourniret refuse de s’exprimer devant la cour et ne répond pas aux questions du président, se bornant, à chaque question, à brandir une feuille de papier sur laquelle il a écrit ces mots à la main ou à secouer la tête pour signifier son opposition à ce procès. Il est installé à l'extrême gauche du box des accusé. Deux policiers plus loin, Monique Olivier attend son tour.

10h33: Michel Fourniret entre dans la salle.

10h32: le président de la cour, Gilles Latapie, rappelle qu’il est strictement interdit d’enregistrer du sons ou des images dans la salle d’audience. Il précise que, conformément au souhait de Michel Fourniret, qui ne voulait pas être photographié, le tueur en série présumé entrera dans la salle d'audience après le départ des phtotographes et des caméras.

9h50: les gendarmes chargés d'assurer la sécurité sont briefés: surveiller le public afin de s'assurer que personnes ne filme l'audience avec son téléphone portable.

9h20: le public, venu nombreux, est invité à assister aux débats sous un chapiteau, juste à côté du palais de justice, où l'audience sera retransmise en direct.

8h45: arrivée au Palais de justice de Charleville-Mézières, déjà noir de monde.

Cet article n'étant ni un débat sur la peine de mort ni un appel à contribution sur les supplices à infliger à Michel Fourniret et Monique Olivier, nous sommes contraints de le fermer aux commentaires. Merci de votre compréhension.
De notre envoyée spéciale à Charleville-Mézières, Sandrine Cochard
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