POLITIQUE - Au lendemain des élections, coups de gueule et prises de bec au sein de l'UMP...
«On a connu des
lendemains de défaite plus difficiles, où tout le monde s'aboyait dessus. Ce n'était pas le cas», a noté avec soulagement Jean Leonetti, vice-président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, à la sortie de la réunion des députés, mardi 18 mars.
Tout est pourtant loin d'être paisible dans les rangs de la majorité, loin s'en faut. Ces derniers jours, les piques et critiques, plus ou moins acerbes, fusaient au sein de l'UMP, notamment sur les actions gouvernementales, tour à tour qualifiées de «réformettes» ou de «réformes à la hâche».
Des «bouts de réformes»
Pour le député de la Marne
Renaud Dutreil, la défaite de la droite est imputable à la mollesse des réformes: «des réformettes, des quarts de réforme, des bouts de réforme», qui n'ont rien à voir avec «ce que notre pays exige en termes de modernisation (...) dans la compétition mondiale dans laquelle nous sommes» a-t-il estimé.
Autre ton, autre vision: Jean-Luc Reitzer, réélu maire à Altkirch(Haut-Rhin), s'en prend aux «réformes à la hache», notamment la refonte de la carte judiciaire.
Pour Claude Goasguen, député de Paris, c'est davantage la politique d'ouverture qui pose problème: «Quand on a parlé aux Français de rupture, ils ne s'attendaient pas à voir revenir les vieux barbons du mitterrandisme», rappelle-t-il.
Rivalités
D'autres ont critiqué les rivalités qui ont entaché la campagne. Selon le député Alain Joyandet, réélu dès le premier tour à la mairie de Vesoul (Haute-Saône),
l'UMP a perdu aux municipales et cantonales un «paquet de villes et de cantons, où elle était en position de l'emporter, pour des questions de rivalités ou de
dissidences».
Des rivalités qui ne sont pas enterrées si tôt le scrutin terminé. Ainsi à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), Sébastien Broucke, colistier de l'UMP Philippe Perrot aux municipales, a expliqué que Françoise Boulet, secrétaire de circonscription, aurait selon des rumeurs qui semblaient fondées, téléphoné «à tout le monde pour dire de ne pas voter Perrot.»
Grincements de dents également du côté des perdants aux municipales. Souhaitant couper court aux dissensions, Alain Gest (Somme) a rappelé qu'il ne «faudrait pas que les perdants oublient qu'ils ne seraient pas là pour se plaindre d'avoir perdu si Nicolas n'avait pas été là pour les faire élire.»
Les villepinistes souhaiteraient, quant à eux, être davantage associés à la politique gouvernementale et à «la réflexion politique de l'UMP», selon le député UMP Jean-Pierre Grand. Ce dernier a critiqué le
remaniement gouvernemental, jugeant que « l'ouverture s'est faite avec les sarkozystes.»
Ch.L avec agences