Chantal Sébire: «Elle ne pouvait plus attendre»

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Publié le 20 mars 2008.

REACTIONS - Après le décès de Chantal Sébire, survenu mercredi soir...

Après le décès de Chantal Sébire, survenu mercredi soir, les partisans de l'euthanasie veulent se faire entendre.

«Le gouvernement n'a pas su écouter»

«Je me sens bouleversée. Elle a dû partir toute seule en cachette. Je trouve ça vraiment moche. C'est le gouvernement qui n'a pas su écouter, a affirmé Marie Humbert sur Europe 1, jeudi. Au téléphone, elle me disait qu'elle n'en pouvait plus. Qu'elle ne pouvait plus attendre. Elle n'avait même plus la force d'aller en Suisse. Je lui disais de ne pas faire de bêtise parce qu'elle me disait qu'elle allait se jeter par la fenêtre.»

Et la mère de Vincent Humbert, qui avait aidé son fils à mourir et poursuit aujourd'hui son combat pour la légalisation de l'euthanasie d'ajouter: «Elle a été obligée de faire ça toute seule et c'est triste, vraiment. Il y a deux mois, on aurait pu l'aider, sans en arriver là, où elle a dû partir toute seule en cachette, et je trouve ça vraiment moche. Tous les Français ont entendu son message, c'est le gouvernement qui n'a pas su entendre.»

«Il faut arrêter de nous dire qu'on ne peut pas légiférer»

Un sentiment partagé par Jean-Luc Romero, président de l'association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD): «Elle était depuis quelques jours vraiment à bout, extrêmement fatiguée, elle souffrait énormément. Il faut attendre que le procureur se prononce», a-t-il déclaré sur RTL, jeudi matin. Et d’estimer: «Chantal Sébire a oublié ses souffrances pour sensibiliser les Français à la situation des gens qui sont en fin de vie. Il est temps que les politiques entendent les douleurs des familles. Face aux souffrances et aux drames humains, on peut plus laisser les familles seules.»

Pour Jean-Luc Romero, l’Etat se dérobe en refusant de légiférer. «On peut jouer sur les mots, mais une euthanasie, on souhaite toujours que ce soit exceptionnelle. Il faut arrêter de nous dire qu'on ne peut pas légiférer dans l'urgence, dans l'émotion. Il y a de l'émotion tout le temps», assure-t-il citant la loi belge qui, avant d'autoriser une euthanasie, requiert deux avis de deux médecins, avec une commission qui vérifie. «En Belgique, plus de 40 personnes qui vont jusqu'à la démarche d'euthanasie par mois!» conclut-il.

La loi Leonetti suffit

Le généticien Axel Kahn est beaucoup plus réservé. Il estime que la loi de 2005 est suffisante. «On ne peut pas modifier la loi dans l'urgence d'un cas exceptionnel. L'application de la loi Leonetti était parfaitement suffisante pour répondre aux souhaits de Mme Sébire, mais Chantal Sébire militait pour l'introduction dans la loi française de l'euthanasie active. C'est un combat que je respecte, même si je ne le partage pas, a-t-il fait valoir auprès de 20 Minutes. En tant que médecin, je ne suis pas favorable à l'euthanasie active qui est la deuxième exception après la guerre au droit de tuer son prochain. Qu'il y ait un débat au Parlement, je suis pour, mais en règle générale, il est toujours mauvais de légiférer sous le coup de l'émotion.»
Sa. C. avec J. S.
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