Une prostitution juste moins visible

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Publié le 19 mars 2008.

Pour la police et les associations, le constat est le même : les prostituées sont moins nombreuses dans les rues de Toulouse depuis cinq ans, date de la promulgation de la loi sur la sécurité intérieure et la répression du racolage passif. Entre 2006 et 2007, les forces de l'ordre ont même enregistré « une baissse de 50 % du nombre de prostituées ».

Mais derrière ces chiffres, les acteurs de terrain dénoncent des effets pervers. Pour Isabelle Schweiger, de l'association Grisélidis, « la loi n'a fait que stigmatiser les prostituées, pour des motifs vagues. Mais tant que ça ne touche qu'elles, personne ne dit rien ». Et la militante attire l'attention sur le cas de ces « prostituées sans papiers arrêtées pour racola-ge et reconduites à la frontière ».

Moins virulente, l'Amicale du Nid n'en est pas moins critique. « La loi a des effets négatifs. On voit moins de prostituées dans les rues car elles ont peur d'être verbalisées. Elles sont inaccessibles pour nous et les autres acteurs sociaux et donc plus à la merci de la violence des proxénètes, mais aussi des clients. Ces derniers savent qu'elles n'iront plus se plaindre en cas de violences », explique Rosine Baron, directrice de l'association à Toulouse. « Beaucoup travaillent désormais dans des lieux reculés et dangereux », poursuit-elle. Ou à leur domicile : le racolage sur Internet est en augmentation. Une prostitution moins évidente à réprimer.

Anne Chevassier - ©2008 20 minutes
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