POLITIQUE – Des élus se sont rendus à l’ambassade de Chine ce mardi pour réclamer la fin de la répression chinoise «avant qu’il n’y ait plus de Tibet»…
Ils étaient une petite dizaine de députés, rassemblés ce mardi devant l’ambassade de Chine à Paris, arborant leur écharpe tricolore sous des drapeaux tibétains. «Trop, c’est trop! tempête Françoise Hostalier, députée UMP du Nord. La Chine s’assoit sur la dignité des personnes, leurs droits.
Il faut faire entendre la voix du Tibet! D’ailleurs, si les Chinois n’ont rien à se reprocher, qu’ils nous laissent y aller!»
Aller au Tibet, c’est ce que sont venus réclamer les députés. «Nous sommes venus voir l’ambassadeur et demander des visas. Nous voulons aller au Tibet en tant qu’observateurs, pour voir si la situation est telle qu’on nous la décrit,» explique Lionnel Luca (UMP), président du
«Groupe Tibet» à l’Assemblée nationale.
Mais ce midi, l’ambassade était volets clos et l’ambassadeur… absent. Les députés ont dû se contenter d’un communiqué de son conseiller Wu Jie, assénant
la ligne officielle du gouvernement chinois et soulignant la «retenue» de la Chine lors des «événements qui ont eu lieu» au Tibet.
Le pire à venir
«
Il ne faut pas que la nuit, le silence retombe sur le Tibet, c’est quand il n’y a pas de radio, plus d’images que
la répression peut être menée. C’est aujourd’hui que le pire commence pour les Tibétains !» affirme Lionnel Luca, qui veut saisir le Quai d’Orsay pour qu’il appuie sa demande de visas.
A droite comme à gauche,
on critique la position trop complaisante de la France. «La politique française et européenne, mis à part sans doute celle d’Angela Merkel, est trop molle. Il ne faut pas donner l’impression de sacrifier nos valeurs pour des intérêts commerciaux,» critique Jean-Louis Bianco, député (PS) des Alpes de Haute-Provence.
Pour les élus, il en va de la survie du Tibet. «Ce qui se passe, c’est un génocide culturel, mais aussi désastre écologique, souligne Patrick Bloche, député (PS) de Paris. La Chine exploite à outrance le sous-sol tibétain. L’armée fait aussi des essais nucléaires, qui provoquent même des mutations génétiques sur les animaux. Il faut que ça cesse!»
«On n’est pas en Chine, ici!»
Au côté des élus, des Tibétains arboraient le drapeau du Tibet, en fustigeant la répression «sanglante» du gouvernement chinois… mais aussi parfois celle de la police française.
«Je suis allé à une manifestation dimanche et j’ai été interpellé par la police. Pourtant j’étais venu parler, c’est tout, assure Zopa Zonthar, un jeune Tibétain. Mais on m’a mis les menottes et on m’a retenu cinq heures. Ca n’est pas un pays de liberté, la France? On n’est pas en Chine, ici. Mais cette manière de faire me fait penser à ce qui se passe au Tibet.»