POLITIQUE- Pour le président du groupe «Tibet» de l’Assemblée nationale, Lionnel Luca, il n’est pas possible de «tourner la tête» face à la répression chinoise au Tibet. Entretien.
Ils sont quelque soixante-dix parlementaires à se mobiliser pour que la «question tibétaine» ne soit pas oubliée. Créé il y a une vingtaine d’années, le
«groupe Tibet» de l’Assemblée nationale appelle à manifester demain à 12h30 devant l’ambassade de Chine à Paris. Pour «demander des explications» à la Chine et pousser la France à sortir de sa «frilosité». Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes et président du groupe, répond à 20minutes.fr.
En tant que députés, qu’espérez-vous obtenir de la manifestation de demain ?
Il y a dans ce seul geste une symbolique forte: un groupe de parlementaires, ceints de leur écharpe tricolore, se rendant à l’ambassade pour demander des explications à la Chine
sur ses agissements au Tibet. Au-delà de ça, nous voulons demander des visas pour chacun des représentants des partis politiques présents dans ce groupe, afin de nous rendre comme observateurs au Tibet. Nous avions eu un accord avant les élections législatives. Nous souhaitons qu’il soit reconduit dans la situation actuelle.
Est-ce aussi une façon de dire au gouvernement que vous souhaitez le voir prendre une position plus tranchée sur la question du Tibet ?
Je voudrais voir la France sortir de l’ère Chirac de la bienveillance avec la Chine. Je suis fatigué de la complaisance devant ce visage souriant de la dictature chinoise. Pour le moment, la France a été assez frileuse. Un geste fort pourrait être, pour notre président, de recevoir le bureau du Tibet (la représentation diplomatique, mais non-officielle du Tibet, nrdl), dont le représentant est l’envoyé personnel du
dalaï lama, comme il l’a fait avec les envoyés birmans cet automne.
Que pensez-vous de l’appel au boycott des Jeux olympiques?
Je crois que ça n’est pas réaliste.
Le dalaï lama lui-même ne le réclame pas. On ne va pas être plus dalaï lama que le dalaï lama! Mais on peut aller à Pékin avec les yeux ouverts et la parole libre.
Pourquoi vous être engagé pour cette cause?
Je suis professeur d’histoire-géographie. Je sais que le Tibet a été annexé par la Chine et personne ne me fera admettre qu’il est une entité chinoise. En faisant ce qu’ils ont fait ces dernières semaines, les Tibétains ont souhaité que le monde les regarde. Ils ont été prêts à le payer de leur vie, pour que nous ne tournions pas la tête.