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Le spectre du krach ressurgit à Wall Street

Des courtiers à Wall Street
Des courtiers à Wall Street /Timothy A. Clary AFP/Archives

FINANCES – La Fed intervient précipitamment pour préserver les banques de la faillite, les autorités s’inquiètent mais Wall Street résiste...

Face à la crise qui frappe le système financier américain, les spécialistes craignent un effet de dominos qui pourrait ruiner tout le système.

Le président Bush s'est voulu rassurant ce lundi. Tout en reconnaissant que les USA vivent des «temps difficiles» sur le front économique, il a affirmé que la situation était maîtrisée, alors que certains analystes évoquent la pire crise financière depuis la première guerre mondiale.

Signe de ces inquiétudes, la bourse de New York a ouvert en forte baisse lundi. Le Dow Jones lâchait 1,62% et le Nasdaq perdait 2,03%. Wall Street a réussi à limiter la casse, lundi soir: à la clôture, le Dow Jones a gagné environ 0,18%, mais le Nasdaq a cédé 1,60%.

La Bear Stearns bradée

Le dernier épisode de la crise a été provoqué dimanche par la vente au rabais d’une grande banque américaine, la Bear Stearns. Pour la sauver de la faillite, JP Morgan, une autre institution bancaire, a accepté de la racheter pour un prix dérisoire. Même si la Bear Stearns est tirée d’affaire, il s’agit d’un dénouement très inquiétant qui souligne la gravité de la crise.

Pour éviter que d’autres banques ne sombrent à leur tour, la Fed est donc intervenue en catastrophe, en baissant son taux d’escompte de 3,50% à 3,25%. Le taux d’escompte (ou taux primaire) est le taux de ses prêts aux grandes institutions financières. Plus il est bas, plus il est facile pour les banques de se renflouer.

La Fed a aussi annoncé la création d'une nouvelle facilité de crédit pour aider les grandes institutions à prêter aux autres acteurs financiers.

Des interventions tous azimuts

Depuis quelques jours, la Fed ne cesse de multiplier les interventions d'urgence. Vendredi dernier, elle avait tenté de sauver la Bear Stearns, en prêtant de l'argent à JP Morgan, chargée à son tour de le prêter à Bear Stearns. La procédure était exceptionnelle: il faut remonter aux années 1930 puis aux années 1960 pour retrouver un tel sauvetage, mené en direct par la banque centrale. La stratégie s’est pourtant révélée insuffisante, puisque la Bear Stearns a finalement été bradée à JP Morgan.

Cette nouvelle baisse des taux intervient à deux jours d'une réunion clé où la Fed devait, selon les analystes, accentuer la baisse de son principal taux directeur pour desserrer le marché du crédit. Symptôme de l’atmosphère angoissée qui règne sur les marchés, la banque centrale américaine n'a pas pris le risque d’attendre deux jours supplémentaires pour intervenir.

La plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale?

Selon Alan Greenspan, qui a présidé la Fed de 1987 à 2006, la crise financière actuelle pourrait être jugée comme la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale.

«Elle prendra fin, a-t-il estimé lundi dans un éditorial du "Financial Times" quand le prix des biens immobiliers se stabilisera et avec eux le prix des produits financiers adossés à des prêts hypothécaires».

«Cette crise laissera de nombreuses victimes, a-t-il expliqué. Le système d'évaluation des risques actuellement en place sera particulièrement touché.»

Ch. L avec agences
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