Les municipales n'auront pas modifié fondamentalement le rapport au pouvoir en place... même si Nicolas Sarkozy semble perdre quelques plumes. Quelque 45% des sondés souhaitent en effet le voir s'impliquer moins, mais 37% autant, dans l'action du gouvernement, selon un sondage Ipsos-20Minutes-France 2-France Inter-Le Point sur «Les Français et l'après-municipales», réalisé à la veille du second tour.
«Dans le détail, on voit bien que les sympathisants UMP souhaitent que le Président reste aux commandes, qu'il garde le cap et le rythme des réformes. Tandis que, comme avant les élections, les sympathisants du PS veulent que Sarkozy prenne du recul et mette la pédale douce sur les réformes», décrypte Jean-François Doridot, directeur général d'Ipsos.
En revanche, les municipales pourraient bien avoir changé le rapport à l'opposition: 60% des sondés jugent la stratégie du MoDem, le parti de François Bayrou, «opportuniste», 31% seulement la trouvant «sincère». «Le parti du centre a voulu s'implanter à l'échelon local dans la perspective de 2012. Mais l'opinion n'a pas bien compris cette stratégie risquée.»
Côté PS, Bertrand Delanoë (28%) et Ségolène Royal (24%) arrivent en tête des leaders souhaités à la direction du parti. «Une majorité de sympathisants socialistes plébiscite une alliance avec la gauche et les Verts, or ces deux candidats proposent plutôt le contraire», note Doridot. Comme si les municipales n'avaient guère simplifié le jeu du PS.