«Au lendemain de cette lourde défaite, Sarkozy doit rompre avec la rupture»

47 contributions
Publié le 16 mars 2008.

INTERVIEW - Dominique Reynié, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, analyse à chaud pour 20minutes.fr le second tour des municipales.

Dominique Reynié, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, analyse à chaud pour 20minutes.fr le second tour des municipales.
 
Comment analysez-vous à chaud les résultats du second tour?
C’est une grande défaite pour la droite. On pouvait lire le premier tour de deux manières. D’un côté, les municipales montraient une poussée limitée de la gauche. De l’autre, les cantonales montraient une défaite historique pour la droite avec le faible score (45%) dans ce scrutin depuis 1958. Au soir du second tour, on voit que ce sont les cantonales qui ont donné le ton: il y a un vrai effondrement de la droite. C’est un mouvement de fond d’autant plus impressionnant qu’on ne peut pas dire que le PS soit en ordre de bataille. Tant sur le plan de l’organisation interne que des idées, c’est la cacophonie qui règne à gauche.
 
Comment expliquer cette lourde défaite de la droite?
Ces résultats s’expliquent notamment par la forte abstention. Il y a eu une incontestable démobilisation de l’électorat de droite et certainement une défection encore plus forte des électeurs du Front national. Après la présidentielle, on pensait que la chute du FN profiterait à la droite, or, il n’en est rien. D’autre part, on lit dans ces résultats un mouvement d’exaspération et de déception vis-à-vis de Nicolas Sarkozy.
 
La victoire de Jean-Claude Gaudin à Marseille suffit-elle à la droite pour sauver la face?
Incontestablement, non. François Fillon a d’ailleurs publiquement reconnu la défaite de la droite avant même d’avoir les résultats à Marseille, ce qui montre que l’impression de défaite était de toute façon déjà imprimée dans les esprits. D’ailleurs, la droite ne l’emporte à Marseille que grâce au redécoupage électoral opéré par Charles Pasqua en 1987.
 
Que va pouvoir faire Nicolas Sarkozy au lendemain de cette défaite?
La difficulté pour le président de la République, c’est que les Français n’ont pas clairement dit qu’ils désapprouvaient l’action du gouvernement et de ses ministres, mais plutôt sa propre attitude. Il ne faut pas que Sarkozy laisse penser qu’il s’en prend à son gouvernement en effectuant un grand remaniement alors que c’est lui le problème. Ne rien faire est tout aussi dangereux au lendemain d’une lourde défaite. Une solution serait plutôt de remanier son propre cabinet en choisissant des collaborateurs moins interventionnistes qui laisseraient le gouvernement travailler. Il doit aussi changer son style de gouvernement et savoir se montrer plus discret. En quelque sorte, Sarkozy doit rompre avec la rupture.
 
Propos recueillis par Vincent Glad
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr