RESULTATS - Elle fait basculer Saint-Etienne, Metz, Toulouse, Amiens, Reims, Caen…
«Une vague énorme pour la gauche». L'expression de François Bayrou, battu à Pau par la socialiste Martine Lignières-Cassou, semble se confirmer au cours de la soirée électorale et résonne avec les propos de
François Hollande qui s'est félicité que son parti ait dépassé «l'objectif» de conquérir «30 villes de plus de 20.000 habitants».
Selon les premières estimations Ipsos, Toulouse basculerait à gauche avec 50,9% des voix. Dans les très grandes villes, le PS rafle également Strasbourg où Roland Ries s'imposerait avec 58% des voix. Dans le 5ème arrondissement de Paris, l'UMP et ancien maire de la capitale Jean Tibéri aurait toutefois gagné contre Lyne Cohen-Solal (46,1 contre 41,7%). Le 12ème arrondissement, présenté comme décisif, est très largement remporté par le PS contre l'UMP Jean-Marie Cavada par 66 contre 34%. Enfin, à Lille, Martine Aubry triomphe avec 66,6% des voix, un record pour la gauche qui n'avait pas été atteint depuis 1935.
L'exception Marseille
Seule
Marseille semblerait faire de la résistance où, dans le 3e secteur, le PS Jean-Noël Guérini serait battu alors que l'UMP l'emporterait largement dans le 6e.
Les résultats dans les villes de plus de 30.000 habitants confirment cette vague rose. Selon les premières estimations Ipsos/Dell, le
PS remporterait Saint-Etienne (46,42%), Metz (résultat confirmé), Amiens (56%), Reims (56%), autant de villes aux mains de la droite jusqu'alors. Au niveau national, selon un sondage CSA-Dexia, la gauche domine de peu avec 49,5% des voix contre 47,5% pour la droite.
Selon des résultats définitifs, la gauche s'empare également de Caen (56,25%), Quimper (55,70%), à Mende (51,53%), Angoulême (52,39%), Schiltigheim (50,34%), Blois (60%), Valence (51,71%).
Espoirs perdus à droite et deux défaites amères pour le gouvernement
La déception est d'autant plus grande pour la droite qu'elle ne parviendrait pas, selon les mêmes estimations, à s'emparer d'Angers, seule ville de plus de 100.000 habitants que l'UMP convoitait (50,5% pour le PS). Elle ne s'impose pas non plus à Belfort où le MRC Etienne Butzbach conserve la ville de Jean-Pierre Chevènement.
A Périgueux, le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, déjà en difficulté après le premier tour (au coude à coude avec la gauche à 45%), perd à 113 voix près. Et a immédiatement précisé qu'il continuerait «de mener les réformes aux côtés de Nicolas Sarkozy».
Autre ministre menacée, Rama Yade, à Colombes, a reconnu également sa défaite.
«La ville était présentée comme perdue d'avance parce que de gauche. J'ai quand même voulu me présenter», s'est-elle consolée.
Calais en lot de consolation pour la droite
Seules consolations pour l'heure pour la droite: l'UMP s'imposerait avec près de 55% à Calais, fief communiste où le candidat FN s'est retiré dans l'entre-deux-tours pour privilégier la droite.
Selon nos informations également, Béthune, fief du socialiste Jacques Mellick, aurait été gagné par une liste UMP-MoDem-dissidents PS.
Comme attendu, le NC Jean Dionis du Séjour reconquiert Agen, passée à gauche en 2001, avec 52,25% des suffrages.
Selon nos informations, l'UMP conserverait toutefois Aix-en-Provence où une triangulaire incertaine l'opposait au PS et au MoDem.
Pas de remobilisation
L'abstention massive (autour de 34,5%), encore plus élevée qu'au premier tour, a joué défaveur de la droite qui comptait sur une remobilisation de son électorat pour faire mentir le résultat des urnes de la semaine dernière.
Le désaveu dans les urnes ne signifie pas pour autant un blanc-seing pour la gauche. Selon
un sondage Ipsos, l'électorat de droite garde toutefois confiance dans la politique élyséenne. Quant à l'électorat frontiste que l'UMP espérait récupérer, il semble avoir, encore une fois, largement boudé les urnes. Et fait le jeu de l'opposition qui, au vu de ses premiers résultats, devrait crier victoire.
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Alexandre Sulzer