A choisir, mieux vaut remporter la guerre ou ses batailles les plus prestigieuses? L'état-major de l'UMP a sa petite idée. Dimanche soir, lorsque seront proclamés les résultats des élections municipales, des victoires à Marseille et Toulouse suffiraient au bonheur de la Sarkozye.
«De toute façon, la gauche nous prendra des communes, concède un cadre de la majorité. Mais vous verrez que si l'on conserve Marseille et Toulouse et qu'on ne perd pas trop de villes emblématiques, la presse analysera les municipales comme un succès mitigé pour le PS.» L'exemple de 2001 est dans toutes les têtes. A l'époque, la droite remporte haut la main les élections, dépossédant la gauche de 35 villes de plus de 30.000 habitants. Mais seules les conquêtes de Paris et de Lyon par le PS marquent les esprits.
«C'est ce qu'on appelle l'effet miroir», explique cet expert en communication proche de plusieurs dirigeants socialistes. Il rêve d'une Toulouse rose pour asseoir le succès du PS, en marche selon lui depuis le succès de Gérard Collomb à Lyon et le triomphe annoncé de Bertrand Delanoë à Paris. «Ajoutez la conquête d'une vingtaine de communes de moindre ampleur et la victoire sera complète», calcule-t-il. A la clé, une pression accrue sur l'Elysée et sur ses réformes, toujours bonne à prendre en attendant 2012.
La théorie de l'effet miroir s'applique davantage encore au MoDem. Pour le parti centriste, pas de demi-mesure: ce sera la réussite de François Bayrou à Pau ou la déroute.