Officiellement, le déplacement du chef de l'Etat mardi à Toulon sur le thème de l'immigration ne poursuivait aucun objectif en lien avec la bataille électorale. « Le président de la République n'a pas à s'impliquer dans les élections municipales », a expliqué Nicolas Sarkozy.
Au sein du personnel politique, personne n'a été dupe. Le discours tenu ce jour-là par le Président, dans une ville naguère dirigée par le Front national, était adressé aux électeurs d'extrême droite, séduits par l'UMP à la présidentielle mais boudeurs aux municipales, où ils se sont abstenus en masse. Or « l'électorat FN se reporte à 70 % sur l'UMP quand son parti n'est pas au second tour », souligne cet expert en joutes électorales. Cette réserve de voix méritait bien un déplacement « apolitique » du Président.