Il revient ! Abandonné pendant la première bulle Internet au début des années 2000, le livre électronique est de retour et cette fois-ci pour de bon. Pour preuve, le Salon du livre de Paris, qui s'ouvre aujourd'hui à la Porte de Versailles, en a fait l'un de ses thèmes phares.
Exit le papier ? Certainement pas pour tout de suite. Mais bientôt, le lecteur aura le choix d'acheter un ouvrage ou de télécharger un texte, qu'on appellera un « livrel », et qu'il lira sur un support numérique. Plus de gros livres dans son sac : on peut embarquer sa bibliothèque en vacances, contenue dans le lecteur numérique, et réduire les encyclopédies au poids d'une plume. Les étudiants américains y ont déjà trouvé des avantages significatifs en allégeant leurs sacs de cours. Voilà déjà une perspective réjouissante pour les cartables des petits Français.
Qu'on le veuille ou non, le livre à télécharger sera bientôt une réalité. Mais si on voit encore peu de lecteurs numériques dans les transports en commun, c'est parce que les éditeurs français s'y mettent à peine. Google, qui numérise des bibliothèques par pans entiers, les inquiète, mais les succès américain et britannique de ces nouveaux modes de lecture les encouragent : aux Etats-Unis, Hachette propose déjà tous ses nouveaux livres en version téléchargeable. Le démarrage en France s'est fait du côté de la presse, avec la version « e-paper » des Echos lancée en septembre dernier. Une fois réglée la question des droits d'auteur et de la chaîne de distribution du livre, le prix des « readers » (lecteurs), qui coûtent encore plusieurs centaines d'euros, sera le dernier frein à la généralisation de ces lectures numériques.