Sur le fil du rasoir. A deux jours du second tour des municipales, le rapport de force est toujours aussi incertain dans la deuxième ville de France entre le maire sortant Jean-Claude Gaudin (UMP) et son challenger Jean-Noël Guérini, président (PS) du conseil général des Bouches-du-Rhône. Après un premier tour plutôt favorable à la gauche au plan national, la droite a fait de Marseille un symbole à ne pas perdre.
Dans la cité phocéenne, l'UMP a mieux résisté qu'ailleurs au premier tour. Elle est arrivée en tête dans les deux secteurs clés : d'un cheveu (180 voix) dans les 1er et 7e arrondissements, et plus largement (5% d'avance) dans les 3e et 5e arrondissements, où se présente Jean-Noël Guérini. Pour ce qui est des autres fiefs de l'UMP, le PS est arrivé cinq points derrière Roland Blum dans les 11e et 12e arrondissements. Et alors que la gauche espérait le mettre en ballottage, Jean-Claude Gaudin a été réélu dès le premier tour dans les 6e et 8e arrondissements. Sur l'ensemble de la ville, l'UMP a rassemblé dimanche dernier 41 % des voix, contre 39% pour le PS.
Rien n'est joué pour autant: dès lundi, le MoDem (5,5% des voix au premier tour) a fusionné avec les listes PS et appelé à voter Guérini. Les listes Marseille contre-attaque à gauche (5% des voix au premier tour) ont demandé à leurs électeurs de «ne pas laisser passer l'occasion d'infliger une défaite à la droite». N'ayant la possibilité de se maintenir que dans le 7e secteur (13e et 14e arrondissements), le FN (9% des voix au premier tour) a appelé partout ailleurs à l'abstention.
L'issue du scrutin devrait donc dépendre du respect ou non de ces consignes de vote. Et de l'attitude des abstentionnistes: dimanche dernier, plus de 200.000 électeurs marseillais ont boudé les urnes. Au premier tour, dans les secteurs encore en lice, le plus grand écart entre gauche et droite n'était que de 7.400 voix, avec plus de 31.000 abstentions.