En dehors du traditionnel jeu des alliances, le PS ayant conclu un accord de fusion avec les Verts au lendemain du premier tour des municipales, l'abstention peut-elle jouer dans les résultats du second tour ? En tout cas, pas en faveur du maire sortant UMP-UPS Fabienne Keller d'après Richard Kleinschmager, spécialiste strasbourgeois de la géographie politique : « Il est vrai qu'il y a eu, dimanche, un taux d'abstention plus élevé que dans d'autres élections municipales. Mais je pense qu'il concerne essentiellement les électeurs de la droite ou de l'extrême droite, a-t-il répondu hier à 20 Minutes. Généralement, la mobilisation est forte dans un camp politique lorsqu'il y a des perspectives de l'emporter. » L'électorat de droite aurait donc en quelque sorte anticipé la défaite en ne se mobilisant pas dans les urnes dimanche dernier. Reste à savoir si Fabienne Keller peut compter sur une remobilisation de son électorat pour le second tour. « Cela me semble difficile à imaginer à moins qu'il y ait un évènement imprévisible et particulièrement fort dans l'actualité », affirme Richard Kleinschmager. Et contrairement à d'autres villes, un éventuel report des voix centristes vers la liste UMP-UPS lui paraît être un scénario peut probable : « Dans le cas du MoDem de Strasbourg, cela semble exclu car le parti s'est construit localement contre le maire sortant ». Chantal Cutajar, qui n'a pas trouvé d'accord avec Roland Ries (PS), a effectivement annoncé, hier, qu'elle ne donnait aucune consigne de vote.