A la hussarde. Benjamin Saint-Huile, 24 ans et socialiste, pourrait bien être, depuis dimanche dernier, le plus jeune maire de France. En battant la députée-maire (UMP) sortante Christine Marin, il est en tout cas devenu, dès le premier tour, le premier des Jeumontois. Avec un prénom prédestiné. « Je suis aussi le benjamin des trois fils dans ma famille », précise-t-il, lui qui habite encore chez ses parents. Un détail qui a peut-être amené la maire sortante à le sous-estimer. « Elle a essayé d'insister sur le côté « Tanguy » », raconte-t-il. Mauvaise idée : connu de tous, joueur dans l'équipe de foot amateur, Benjamin Saint-Huile a beaucoup misé sur l'absence de la députée dans sa ville. « Je suis Jeumontois depuis vingt-quatre ans. J'ai fait des études et j'ai choisi de rester ici. » Résultat, après plus de quatre mille passages en porte à porte, Benjamin Saint-Huile a raflé 56,4 % des suffrages. « J'ai fait une campagne de terrain, je serai un maire de terrain, ce n'est que comme cela que j'envisage l'action municipale », martèle le jeune édile, non sans fougue.
Un allant, une diction scandée, des mimiques expressives qui ne sont d'ailleurs pas sans rappeler un autre homme politique précoce. « J'ai deux ans d'avance sur Nicolas Sarkozy », plaisante le benjamin. Avant de compléter, un peu trop sérieux avec ses sourcils froncés : « Mais je n'ai aucun plan de carrière, aujourd'hui ma politique, c'est Jeumont. » Autour de lui, on précise que la ville avait besoin de cette nouvelle jeunesse. « Il y a trois ans, raconte-t-il, quand je suis arrivé au PS, j'ai milité pour un renouvellement. » Il a été entendu.