MUNICIPALES - Il promet de «tirer les leçons» du scrutin, ça sent le remaniement…
Nicolas Sarkozy voit dans le résultat de ses ministres un motif de satisfaction et un «encouragement». Sur les 23 ministres qui s'étaient engagés dans les municipales ou les cantonales, 14 ont été élus d'emblée au premier tour. «C'est pour eux la reconnaissance de leur talent et de leur compétence. C'est pour le gouvernement tout entier un encouragement. Les électeurs leur ont fait confiance alors même qu'ils sont pleinement engagés dans des réformes difficiles» a déclaré le chef de l'Etat à Toulon.
«Le président de la République n'a pas à s'impliquer dans les élections municipales» a-t-il toutefois ajouté, en soulignant que dimanche, lors du deuxième tour, «c'est de la démocratie locale dont il est question». Une réserve qui vise à le protéger mais qui a valeur de troisième contradiction sur le sujet, l'Elysée
ayant affirmé fin janvier vouloir donner une dimension politique au scrutin après avoir préalablement dit une chose et son contraire. Alain Juppé a d'ailleurs estimé mardi, dans
«Le Monde» que la politisation du scrutin constituait «une erreur». Cette réserve énoncée, il n'est pas pour autant question pour Nicolas Sarkozy de rester sourd au message qu'enverra l'électorat. «Après le deuxième tour, une fois acquis les résultats définitifs, il appartiendra à chaque responsable politique et d'abord à moi-même de tirer les leçons de ces élections», a ainsi promis le Président qui n'a pas précisé les éventuels contours d'un prochain remaniement.
La jurisprudence Juppé abandonnée
Il n'a pas exigé de ses ministres de démissionner en cas de défaite comme il l'avait fait au lendemain des législatives, obligeant Alain Juppé de quitter rapidement sa place de numéro deux du gouvernement. Il faut dire que peu de ministres semblent menacés après le premier tour. Seul le maire sortant de Périgueux, Xavier Darcos, est en danger en tant que tête de liste alors que Christine Lagarde et Christine Albanel, elles aussi très menacées à Paris, ne se présentent qu'en seconde position. Quant à Rama Yade, numéro trois à Colombes, elle devrait profiter du récent ralliement du MoDem.
Concernant l'annonce inverse de Christian Estrosi, en ballottage favorable à Nice, qui promet de quitter le gouvernement s'il est élu maire, Nicolas Sarkozy s'est contenté d'affirmer: «Je lui redis toute ma confiance, je veux qu'il sache que, quelle que soit sa décision, je la respecterai.»
A.S avec agence