INTERNET – Le site, qui doit être lancé le 15 mars, propose aux internautes d’évaluer leurs médecins…
Le site
note2be, jugé jeudi «
illégitime au regard de la loi» par la Cnil, n’est pas le seul à faire grincer des dents. Jeudi, le
Conseil national de l'Ordre des médecins a exprimé dans un
communiqué ses réserves sur l'éventualité de noter des médecins sur Internet. Une façon de viser, sans le nommer, le site
note2bib, qui propose aux internautes d’évaluer leurs médecins en ligne.
L'Ordre «s'interroge quant à la validité et la pertinence de la notation qui serait annoncée faute de fondement sur des données sérieuses et une méthodologie rigoureuse». Il dénonce une «initiative, à vocation publicitaire, de sociétés commerciales». L'instance collégiale «rappelle que l'évaluation des pratiques professionnelles a été mise en place à l'initiative de la profession avec l'implication déterminante de l'Ordre sous l'autorité technique de la HAS (Haute Autorité de Santé, ndlr)». «Cette évaluation, nécessaire à la qualité des soins, obéit à des critères méthodologiques rigoureux», ajoute-t-il, en précisant que «les manquements du médecin en matière de moralité et de comportement doivent faire l'objet de la saisine de la juridiction professionnelle».
«Service aux internautes»
La CSMF, premier syndicat de médecins libéraux, s'était déjà alarmée mardi du lancement de Note2bib, prévu le 15 mars. Le site s’inspire de Note2be, qui a suscité la polémique dans le corps enseignant et qui a d’être
contraint par la justice de retirer les noms des professeurs évalués.
Réagissant à cette décision, Nicolas Herson-Macarel, à l'origine du projet note2bib.com, prend ses distances avec le site de notation des enseignants. «Nous avons suivi l'affaire, a-t-il expliqué par téléphone à 20minutes.fr, lundi. Nous aviserons en temps utile. Pour l'heure, nous sommes certains de rendre un grand service aux internautes.»
>> Notre dossier sur note2be
Quant à l'utilisation de données nominatives, qui a valu un procès à note2be, le fondateur de note2bib balaie cette menace. «Je suppose qu'ils avaient un système de défense autre, qui n'a pas convaincu la cour. Notre situation est différente: les professionnels évalués ne sont pas des fonctionnaires, mais des professions libérales qui mettent leur plaque, avec leur nom, dans la rue, souligne Nicolas Herson-Macarel. De plus, il existe déjà des forums où les internautes s'échangent leurs impressions sur leur médecin.»
Sandrine Cochard