CYCLISME – Le représentant des équipes professionnelles hausse le ton contre l’UCI...
Eric Boyer, président de l’AIGCP et manager de l’équipe Cofidis, n’a aucun doute sur le départ de Paris-Nice dimanche. Interrogé par 20minutes.fr sur le conflit opposant l’UCI et ASO, organisatrice de Paris-Nice, il invite l’UCI à laisser les organisateurs faire leur travail.
Quelle est la situation entre les différentes parties à trois jours du départ de Paris-Nice?
On part dimanche, point. Les menaces de sanction ne nous impressionnent pas, elles sont ridicules.
Vraiment?
C’est impossible de suspendre 180 coureurs pour six mois. Les sanctions sont illégales, si l’UCI tente de les mettre en application, on se défendra, on est des grands garçons. L’UCI se tirerait une balle dans le pied en suspendant ces coureurs. C’est comme retirer du jour au lendemain la moitié des équipes de Ligue 1. Les organisateurs des grandes courses à venir comptent sur les champions qui participent à Paris-Nice. Ils ont besoin d’eux pour garantir la qualité de leurs courses.
C’est du chantage?
Oui, complètement.
Alors, comment sortir de cette crise?
Il n’y a pas de crise. La crise, c’est si la course ne part pas dimanche. La course a lieu et on y va. Il faut que l’UCI arrête de mettre des bâtons dans les roues des organisateurs. L’UCI est une fédération internationale qui doit veiller à ce que les compétitions se déroulent correctement. Si elle veut imposer son mode de fonctionnement aux organisateurs, là elle n’est plus dans son rôle.
Tous les patrons d’équipe partagent-ils votre position?
Quand j’ai téléphoné à tous mes collègues pour savoir s’ils voulaient participer à Paris-Nice, ils m’ont tous répondu oui. On a rédigé un contrat avec les organisateurs pour se mettre d’accord sur la règle du jeu. Le problème, c'est que j’ai des collègues qui me disent vouloir courir, mais qui sont un peu intimidés par les menaces de l’UCI. Les gens sont libres, je n’impose rien.
On a du mal à comprendre quel rôle joue l’IPCT dans les discussions...
L’IPCT http://www.ipct.info/ sert à gérer le business du ProTour. Elle est à pour vendre des maillots, des produits dérivés. Elle n’a pas à venir sur le terrain sportif, ce n’est pas son rôle que de remettre en cause les conditions de participation. Elle est ridicule. Certains directeurs sportifs, quand ils ont la casquette AIGCP, veulent faire la course, puis ils utilisent l’IPCT pour demander un arbitrage. Si on continue à faire un pas en avant, puis un en arrière, on va se couvrir de ridicule.
Dans quel état d’esprit sont vos coureurs?
Ils sont détendus, calmes, ils travaillent depuis trois, quatre mois pour préparer cette épreuve. Les menaces ne les intimident pas.
Alexandre Pedro