Quels enjeux pour autres partis politiques?

10 contributions
Publié le 9 mars 2008.

MUNICIPALES – Locaux ou nationaux, UMP, PS, MoDem, FN et PCF ont chacun leurs ambitions. Avec une constante: limiter la casse…

Locaux ou nationaux, UMP, PS, Modem, FN et PCF ont chacun leurs ambitions. Explications.

PS: un goût de revanche
Pour François Hollande, l’objectif est simple, mais ambitieux: gagner la majorité des grandes villes, notamment en reconquérant 30 des 40 villes perdues en 2001. «On aurait un peu plus de villes dirigées par la gauche que de villes dirigées par la droite de plus de 20.000 habitants», fait valoir François Hollande. Une façon pour la gauche de gommer son échec de la présidentielle. Le PS table sur un vote sanction contre la politique de Nicolas Sarkozy pour revenir comme LA force de l’opposition. Et le Premier secrétaire de prévenir: «tout va se jouer au 1er tour».

Une vague rose permettrait aussi au PS d’aborder son prochain congrès, où la succession de François Hollande sera abordée, dans de meilleures conditions. Si le parti souhaite un nouveau leader fort, Bertrand Delanoë sera évidemment très bien placé. En revanche, si le congrès ne désigne qu’un Premier secrétaire de transition, en attendant le vrai combat pour 2012, d’autres maires pourraient tirer leur épingle du jeu, comme François Rebsamen (actuel n°2 du PS) à Dijon. Par ailleurs, plusieurs candidats PS se sont alliés au MoDem lors de ces municipales, ce qui, rétrospectivement, donnerait raison à Ségolène Royal qui voulait s’allier avec Bayrou au second tour de la présidentielle. Un bon point pour elle dans la course au PS.

Enfin, si elle ne permet pas de clarifier la ligne du PS, une marée rose aura l’avantage de masquer, pour un temps, les divisions toujours fortes au sein du parti, sur la ligne à tenir justement.

MoDem: se faire une place
Alors que la plupart des maires sortants, élus en 2001, ont depuis rallié l’UMP ou le Nouveau Centre, le parti de François Bayrou aura d’abord à cœur de se faire une place. Si 420 listes autonomes «orange» se présentent dans près de 70% des villes de plus de 30.000 habitants, le MoDem espère surtout peser dans deux villes: à Pau, où François Bayrou espère l’emporter, et à Paris, où Marielle de Sarnez se voit bien dans le rôle d’arbitre, entre Bertrand Delanoë et Françoise de Panafieu. Idem à Marseille. Ailleurs, la stratégie du MoDem est très locale: le parti soutient indifféremment UMP ou PS selon les villes. Un numéro d’équilibriste dangereux: à force de se faire désirer, le parti de François Bayrou peine à dégager une ligne claire et à sortir d'un simple rôle d'arbitre.

PCF: une énième question de survie

1,93% des voix à la présidentielle… Le score de Marie-George Buffet est de mauvais augure pour le PCF. Ces municipales signeront-elles la fin du parti? Pas si sûr: 807 mairies sont encore étiquetées PCF. «Nous espérons qu’il y aura le maximum de villes gardées ou conquises par la gauche afin de les mettre à l’abri des hommes du Président», a expliqué Marie-George Buffet à 20minutes.fr.

Le score du parti dépendra notamment de la stratégie du Parti socialiste, qui veut ratisser large. François Hollande a cependant affirmé qu’il ne devrait pas y avoir plus de six primaires dans les villes de plus de 20.000 habitants. En Ile-de-France, plusieurs affrontements PS/PCF sont à prévoir, notamment en Seine-Saint-Denis.

FN: compter ses voix et ses sous
Le parti, au bord de la faillite, a fait savoir qu’il ne rembourserait pas la campagne des candidats ne franchissant pas le seuil des 5% de voix. Ce qui n’empêchera pas le FN de présenter 200 listes, soit plus qu’en 2001.

Que peut espérer le FN?
Le parti, qui n’a plus de maire depuis que Jacques Bompard, maire d’Orange, et Marie-Christine Bignon, maire de Chauffailles (Saône-et-Loire) ont rejoint le MPF de Philippe de Villiers, vise néanmoins quelques percées. Notamment à Hénin-Beaumont, où Marine Le Pen est deuxième sur la liste de Steeve Briois. Jean-Marie Le Pen cite deux autres chances réelles, à Cluses et Noyon.

Si la guerre de succession du chef frontiste, évoquée au lendemain d'une présidentielle moyenne (le FN n’avait récolté que 10,44% des suffrages), est mise de côté, la priorité du parti est de reconquérir les électeurs qui l’avaient boudé lors des élections.

Les Verts: la méthode Coué
Outre la mairie de Bègles, que Noël Mamère aura à cœur de conserver, et celle de Paris, où Denis Baupin espère encore peser, les Verts tenteront surtout de se placer au niveau local afin de conserver les 34 municipalités acquises. Inscrits en majorité sur des listes de gauche, l’enjeu pour le parti n’est pas de s’emparer de municipalités mais d’inclure au programme des élus des mesures écolos. En attendant, les Verts refusent d’écouter les sondages et optent pour la méthode Coué. Et cela pourrait leur réussir: Dominique Voynet pourrait créer la surprise à Montreuil (93) où elle talonne le maire sortant PCF, Jean-Pierre Brard.

Extrême gauche: peser encore à gauche
Après le score médiocre de la présidentielle, où tous les partis d’extrême gauche ont perdu des voix au premier tour par rapport à 2002, l’heure est au doute: pèsent-ils encore dans la balance politique française? Une question délicate à laquelle le PS semble répondre: pour ces municipales, le parti a préféré regarder du côté du MoDem pour constituer ses listes. Un «recentrage» qui marginalise ces petits partis qui jouent leur survie, Lutte ouvrière en tête: Arlette Laguiller a rassemblé 488.119 voix au premier tour de la présidentielle, soit 1,33 % des suffrages (-4,39% par rapport à 2002).
Sandrine Cochard
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr