MUSIQUE – Une salle peu habituée à accueillir des concerts symphoniques...
De la musique classique à Bercy.
L'Orchestre de Paris s'invite jeudi soir au Palais Omnisports Paris Bercy pour y donner la gigantesque
«Symphonie des mille» de Gustav Mahler (1860-1911), avec 700 interprètes sous la baguette de l'Allemand Christoph Eschenbach.
Ce n’est pas la première fois qu’un orchestre fera sonner Bercy, même si cette salle sert davantage aux tournois de tennis et aux shows de
Madonna qu’aux concerts symphoniques.
L'alchimie acoustique, un défi de taille
L’acoustique de Bercy s’y prête-t-elle? Les spécialistes interrogés répondent qu’il est impossible de le dire, sauf à entendre le concert en direct. «Pour définir l'acoustique d’une salle, il y a tout un faisceau de critères qui entrent en compte: la durée de réverbération du son, le placement et la répartition des panneaux réfléchissants et absorbants sur les murs, le type de matériau, la géométrie de la salle et le nombre de personnes présentes (car chaque spectateur participe à l'absorption acoustique générale), explique Richard Croce,
ingénieur acousticien chez Acoustique & Conseil. Bref c’est une alchimie très complexe.»
11.000 places, 22.000 oreilles
Autre difficulté: faire en sorte qu’«à chaque siège, le spectateur reçoive la meilleure information sonore». Sachant que Bercy compte 11.000 places disponibles, et que le son n’a pas le même parcours pour parvenir à tous les rangs, la difficulté est de taille.
Ce programme, projet à dimension pédagogique qui veut sensibiliser un nouveau public à la musique classique, devait initialement être donné deux fois (6 et 7 mars à 20h30) mais la seconde date a été supprimée, faute de réservations suffisantes. Dommage, car «La Symphonie des mille», malgré sa notoriété, demeure une oeuvre rarement montée, en raison de ses dimensions et de ses coûts de production.
AA