Soirée porte-à-porte à Courcouronnes

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Publié le 6 mars 2008.

Dans la dernière ligne droite avant le scrutin de dimanche, chaque voix compte. Courcouronnes (Essonne) est une ville de gauche, où Ségolène Royal a remporté 68 % des voix au deuxième tour de la présidentielle. Mais aux municipales 2001, les électeurs ont élu au premier tour Stéphane Beaudet, un RPR de 28 ans, le plus jeune maire d'une ville de cette taille (15 000 habitants) à l'époque. Aujourd'hui, il est défié par une autre tête montante et avenante, le socialiste Abdelaziz Ammari, 32 ans, qui conduit la liste de la gauche rassemblée. Tous deux ratissent leur territoire au peigne fin, car la bataille s'annonce serrée. Ce jeudi soir, chacun joue sur son terrain : Stéphane Beaudet est attendu dans un pavillon cossu du vieux centre, et Abdelaziz Ammari fait les cages d'escalier du quartier populaire du Canal.

Dring. Derrière la porte, Abdelaziz Ammari déroule sa phrase habituelle : « Bonsoir, je suis candidat aux élections du 9 mars, avez-vous eu mon "pacte municipal" ? » Les portes s'ouvrent avec réticence : beaucoup d'enfants seuls, d'étrangers n'ayant pas le droit de vote ou d'oublieux des listes électorales. « Rappelez-vous que vous payez des impôts dans la commune, c'est bien de savoir comment cet argent est utilisé », souligne Paris, copain d'enfance du candidat et son guide dans cette cité. Lorsqu'on lui laisse trois minutes, Abdelaziz Ammari déroule son volet sur la « gauche pragmatique, qui n'a pas peur de parler sécurité ». Et s'il flaire un rejet de Sarkozy, il suggère de « lui donner un avertissement ». Sollicité sur les litiges avec les bailleurs, ou pour trouver des emplois, il promet simplement d'orienter vers le bon service. « Le porte-à-porte n'est pas un exercice facile », concède Abdelaziz Ammari, car « les gens ont horreur qu'on leur mette la pression ».

Quelques ronds-points plus loin, la tension est moindre pour l'UMP Stéphane Beaudet, venu défendre son bilan chez Maryvonne, veuve de militaire. Celle-ci a convié une quinzaine de voisins, « dont trois couples de socialistes ». Les questions fusent sur la voirie, les espaces verts, l'amabilité du personnel municipal ou le pôle seniors. « L'ultra-proximité », c'est la marque de fabrique du sortant, qui n'hésite pas à donner « rendez-vous au prochain conseil de quartier ». Mais comme son concurrent, il a sacrifié beaucoup de son temps à cette campagne et « est pressé que ça se termine ».

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