Rugby, à quelques jours d'Italie-France: «Cette casse est inévitable»

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Publié le 3 mars 2008.

INTERVIEW - Sylvain Deroeux, président du syndicat de joueurs Provale, décrypte l'épidémie de blessures qui touche les Bleus et s'indigne contre le rythme infernal...

Encore de la casse en Top14 de rugby! Pascal Papé touché, doit laisser sa place en bleu à Arnaud Méla. A chaque nouvelle journée, son lot d'internationaux blessés. Sylvain Deroeux, président du syndicat de joueurs Provale, décrypte l'épidémie de blessures qui touche les Bleus et s'indigne contre le rythme infernal auquel sont soumis les internationaux Français.

Pourquoi tant de blessures chez les joueurs du Top14 appelés par le staff du XV de France?

Nous n'avons pas de bilan chiffré, mais il y a beaucoup de casses. La première explication, c'est le rythme infernal auquel sont soumis les joueurs. Les internationaux Français sont sur le pont 11 mois sur 12, ils disputent 30 à 40 matchs par saisons. Ils jouent beaucoup plus que dans d'autres pays. Après, cela n'explique pas tout. Il y a la malchance, des circonstances particulières de chaque match…

Est-ce le rythme n'est pas encore plus infernal cette année en raison de la Coupe du monde qui s'est déroulée en septembre et octobre?

Bien sûr, les joueurs ont repris beaucoup plus tôt, et ils ont enchaîné énormément de matchs, et surtout énormément d'entraînements. Ils ont repris le 5 juillet, on est fin février, cela fait 8 mois qu'ils sont sur la brèche. Et surtout, ils ont pris très peu de repos avant la préparation de la Coupe du monde, et la fatigue s'accumule d'années en années.

Oui, mais Pascal Papé n'a pas fait la Coupe du monde lui…

Certes, mais il a quand même repris très tôt, le 5 juillet, comme les autres. Et puis, l'année dernière, il était international, il a beaucoup joué. Un des gros problèmes, c'est que les joueurs ne se reposent pas d'une année sur l'autre, ils accumulent, et à un moment, le corps lâche.

Les dirigeants du rugby français considèrent-ils cette casse comme acceptable en raison du grand réservoir de joueurs Français?

Non, mais cette casse est inévitable. Mathématique presque. Ecoutez, il y a 26 journées de championnat, 9 matchs de Coupe d'Europe, 11 matchs internationaux et 52 semaines, faites le calcul.

Il n'y a donc pas de solutions?

Si bien sûr, des solutions existent: réduire la formule du championnat, de la Coupe d'Europe, limiter le nombre de matchs par joueur… Il y a des solutions, mais qui demandent beaucoup d'efforts.
Propos recueillis par Pierre Koetschet
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