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Dmitri Medvedev, président russe sous tutelle

Le président russe Vladimir Poutine et son dauphin Dmitri Medvedev, le 28 février 2008 à Moscou
Le président russe Vladimir Poutine et son dauphin Dmitri Medvedev, le 28 février 2008 à Moscou/Sergey pPonomarev AFP

ELECTION - Le candidat désigné par Vladimir Poutine devrait remporter dimanche la présdientielle...

C'est un scrutin avec un peu de suspense. Dmitri Medvedev, dauphin désigné par l'actuel président russe Vladimir Poutine, devrait le remplacer dimanche à la tête de l'Etat russe. En revanche, le partage du pouvoir entre les deux hommes pose question, alors que Poutine doit devenir Premier ministre.

Comment va s’organiser la passation de pouvoir?

La Constitution russe prévoit un délai assez long entre l’élection et la prise de fonctions du nouveau Président. Après une victoire qui semble presque acquise, Dmitri Medvedev ne sera réellement intronisé comme Président qu’en mai. Ces deux mois de transition donneront un premier aperçu de la place qui sera accordée au nouveau Président, et de celle que compte conserver Vladimir Poutine.

Qui va réellement gouverner?

Ce qui est certain, c’est que Dmitri Medvedev comme Vladimir Poutine n’ont pas l’intention de faire de la figuration. Dans une conférence de presse il y a deux semaines, le président russe avait annoncé qu’il accepterait de devenir le Premier ministre de son dauphin, mais avait laissé entendre qu’il resterait son supérieur hiérarchique. Il avait rappelé que le gouvernement était «le pouvoir exécutif suprême», et qu’il lui reviendrait donc de s’occuper de l’économie, de la défense, de la santé, de l’éducation de la politique économique internationale – en bref, de tout.

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Mais son dauphin avait répliqué trois jours plus tard, dans une longue interview à l’hebdomadaire «Itogui», que la Russie devait conserver un pouvoir présidentiel fort, et qu’il ne pouvait y avoir «deux, trois ou cinq centres» pour diriger le pays. Une politique toujours prônée par Vladimir Poutine lui-même, dont l’administration présidentielle a petit à petit réduit le gouvernement et la Douma (la chambre basse du parlement) à des organes d’application des directives du Kremlin.

Des conflits risquent-ils d’éclater entre les deux hommes?


Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev se connaissent depuis l’époque où ils travaillaient ensemble à la mairie de Saint-Pétersbourg au début des années 90, et ils se font confiance. Ils l’ont d’ailleurs tous deux soulignés de nombreuses fois: l’exécutif sera soudé par une «alchimie personnelle». L’année 2008 devrait être décisive. Quoiqu’il arrive, le nouveau Président sera au départ sous la tutelle de Vladimir Poutine, qui l’observera et sera incontournable pour la prise de décision, notamment dans les sphères que Dmitri Medvedev a peu touché jusqu’à présent: la défense et la politique étrangère.

Pour la suite, il y a plusieurs hypothèses: soit Vladimir Poutine se retirera progressivement du pouvoir, soit le modèle bicéphale sera conservé et peut-être institutionnalisé si les «élites», les factions rivales du Kremlin, y trouvent leur compte. Car la désignation de Dmitri Medvedev comme successeur du président russe a fait des jaloux, notamment dans le clan des «siloviki», les hauts fonctionnaires issus du KGB, de l’armée et de la police. Ces derniers mettaient en avant la candidature de l’ancien ministre de la défense et officier du KGB Sergueï Ivanov.

Autre source d’inquiétude, la santé économique du pays. Si la Russie se fait rattraper par la crise qui secoue actuellement les marchés financiers mondiaux, alors il est possible que Vladimir Poutine reprenne entièrement les commandes pour «stabiliser» le pays.
De notre correspondant à Moscou, Emmanuel Guillemain d'Echon
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