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Ingrid Betancourt souffre d’une hépatite B chronique

Ingrid Betancourt en novembre 2007 dans la jungle colombienne
Ingrid Betancourt en novembre 2007 dans la jungle colombienne/ AFP/Presidencia/Archives

SANTE - L’otage franco-colombienne est «très malade», selon le témoignage de deux ex-otages...

A la bonne nouvelle de la libération des quatre otages par les Farc mercredi en a succédé une autre, beaucoup plus inquiétante, sur l'état de santé d'Ingrid Betancourt. Selon deux des quatre parlementaires libérés, l’otage franco-colombienne, désormais la seule femme à être retenue par la guérilla, est effectivement «très malade» et a fait l'objet de mauvais traitements.

Luis Eladio Perez a affirmé qu’Ingrid Betancourt, qu’il a vue pour la dernière fois le 4 février pendant quelques minutes, était malade du foie. «Cela blesse mon âme. Elle est très mal, très, très malade. Elle est épuisée, physiquement et moralement», a-t-il déclaré, ajoutant qu'«Ingrid est très durement maltraitée. Ils (les autres prisonniers, nldr) ont passé leur colère sur elle et les Farc l'ont enchaînée dans des conditions inhumaines» puisqu’elle a tenté de s’évader plusieurs fois. Selon Gloria Polanco, une autre des otages libérés citée par France Info, elle serait «proche de la fin».

Problèmes de foie depuis sa grève de la faim

«On savait qu'elle avait déjà eu une hépatite et bien sûr elle est récurrente (chronique, ndlr). Et nous savons que lorsque les hépatites reviennent, elles sont à chaque fois plus dangereuses», a réagi Fabrice Delloye, l'ex-mari de l'otage.

La sœur d’Ingrid Betancourt, Astrid, a précisé sur France Info que ses problèmes de foie étaient connus depuis une grève de la faim observée dans les années 1990 pour protester contre la corruption du président Samper.

Les conditions de vie d'Ingrid Betancourt pourraient expliquer la réactivation de l'hépatite B dont parle son ex-mari, selon le Dr Didier Samuel, chef du service d'hépatologie de l'hôpital Paul Brousse, à Villejuif. Fabrice Delloye a d'ailleurs rappelé qu'Ingrid Betancourt avait été transportée en 2004 sur un brancard pendant plusieurs mois par les Farc en raison d'une crise aiguë de cette maladie qui s'attaque au foie et peut dégénérer en cancer.

Les personnes atteintes d'hépatite B, «soit en guérissent, ce qui est le cas le plus fréquent chez l'adulte, soit l'hépatite devient chronique, le virus restant présent de façon permanente», a souligné le Dr Samuel.

«Risque d'évolution progressive vers une cirrhose»

Dans ce cas, soit l'hépatite chronique est très active, soit elle connaît des périodes d'inactivité, où le virus ne se multiplie pas ou est peu actif, mais aussi, selon le Dr Samuel, «des périodes où le virus se réactive». Selon lui, «le virus peut se réactiver soit parce que vous prenez un traitement qui vous fragilise, par exemple des corticoïdes, soit parce que la personne est fragilisée, quelle qu'en soit la cause».

«L'état immunitaire de quelqu'un qui est otage depuis des années ne doit pas être très bon, et ça peut tout à fait faciliter une réactivation de l'hépatite avec des périodes de fatigue très intense et un risque d'évolution progressive vers une cirrhose», a-t-il souligné.

Astrid Betancourt a demandé l’envoi en urgence d’une assistance médicale auprès d’Ingrid Betancourt, avant qu’elle puisse être libérée.
C. F. (avec agence)
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