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L’aide alimentaire menacée par la hausse des prix?

Distribution de denrées alimentaires aux bénéficiaires des Restos du Coeur à Caen
Distribution de denrées alimentaires aux bénéficiaires des Restos du Coeur à Caen/Mychèle Daniau AFP

SOCIAL – Le prix du «panier de la ménagère» augmente. Celui des organismes d’entraide aussi. Certains évoquent même la diminution des repas distribués aux plus pauvres…

Lundi 25 février, la direction du Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) mettait en garde contre une hausse des prix alimentaires risquant de conduire à un rationnement de l’aide à l’échelle internationale.

Côté français, on est aussi inquiet de l’augmentation du prix des denrées de première nécessité. «L’approvisionnement nous coûte de plus en plus cher. On dépense 15, 20, voir 30% de plus pour tel ou tel produit. En moyenne, l’approvisionnement nous a coûté 5% de plus pour les mêmes quantités, explique Pascal Decoopman, responsable de l’approvisionnement aux Restos du coeur. «Cet hiver, on a réussi à avoir les produits dont on avait besoin. Mais pour celui qui vient, c’est très inquiétant», ajoute-il.

Même son de cloche du côté du Secours populaire. «On a multiplié les kermesses, les collectes, les partenariats avec les grandes surfaces qui nous donnent des produits. Mais si les prix continuent à monter, il y a un risque que l’on n’arrive pas à faire face à toutes les demandes», s’inquiète Julien Lauprêtre, président de l'association. Là comme à la Croix-rouge, on évoque la distorsion entre des demandes de plus en plus importantes et des rentrées financières qui ne suivent pas toujours le rythme.

Une équation impossible


«Il n’y a pas moins de donateurs mais le taux des dons est moins élevé, parce que les familles ont moins d’argent, témoigne Julien Lauprêtre. Nous ressentons durement le manque de moyens dans les familles.»

Côté subventions, le constat est le même. «A peu de choses près, l’aide à la distribution alimentaire stagne: environ 62 millions d’euros venant des plans européen et français cette année, analyse Didier Piard, directeur de l’action sociale à la Croix-rouge. Mais les demandes, elles, augmentent! De nouvelles catégories de personnes se tournent vers nous, comme les travailleurs pauvres ou les personnes âgées qui n’ont pas les moyens de vivre avec leur retraite.»

Du coup, les organismes se retrouvent devant l’équation impossible de nourrir plus de gens alors que les prix grimpent. «Dans ces conditions, on ne peut pas distribuer autant de repas. Mais cela à une autre conséquence: on a lancé un plan national nutrition-santé permettant de diversifier l’offre, notamment en fruits et légumes. La hausse des prix se répercute aussi sur la qualité.»
Christina Lionnet
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