Parrainage d'un enfant victime de la Shoah: Sarkozy s'était «un peu fourvoyé»

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Publié le 27 février 2008.

MEMOIRE - C'est l'avis de Simone Veil. L'idée est d'ailleurs abandonnée, du moins en l'état...

Nicolas Sarkozy s'était «un peu fourvoyé» avec son idée de faire parrainer par des CM2 chaque enfant juif de France victime de la Shoah. C'est du moins l'avis de Simone Veil, qui s'exprimait dans la soirée de mercredi après avoir participé à une réunion au ministère de l'Education. Et ce parrainage ne se fera. Du moins, pas dans la forme annoncée par le chef de l'Etat, qui prévoyait de confier à chaque élève de CM2 la mémoire d'un enfants victime du nazisme.

Toute la classe

Cet hommage se «fera dans le contexte d'une classe et non pas d'un élève séparé qui devrait porter seul la mémoire d'un enfant particulier», a expliqué mercredi soir, sur RTL, Xavier Darcos, le ministre de l'Education.

Plus tôt, plusieurs participants à la réunion au ministère de l'Education, dont Simone Veil et Claude Lanzmann avaient évoqués d'autres pistes de réflexion.

«Enterré avant même qu'on se réunisse»

Le parrainage d'une victime par un élève ou par une classe était «enterré avant même qu'on se réunisse, ce n'était pas praticable car il y a 11.500 enfants juifs de France et 600.000 élèves en CM2», a dit l'historien et cinéaste Claude Lanzmann, ajoutant que l'idée de tels parrainages était «partie d'une sincère émotion du président». Mais «la proposition de Nicolas Sarkozy est toujours valable, elle va être rendue praticable».

Parmi les pistes de réflexion, Simone Veil a plaidé pour «autoriser, inciter à faire des travaux qui permettent aux enfants de se grouper dans une classe non pas vers un enfant en particulier mais vers telle situation dans telle ville». «Il n'y a rien de très précis de décidé, mais la volonté de tous d'arriver à améliorer ce qui est déjà très bien fait par les professeurs» qui enseignent cette partie de l'Histoire depuis 2002 en primaire, a poursuivi Simone Veil.

Pour Hélène Waysbord-Loing, présidente de la commission, qui va faire des propositions d'ici à Nicolas Sarkozy s'étaitdeux mois, «il ne faut pas faire de la commémoration, du rituel, parce que l'école n'est pas le lieu de cela. L'école est le lieu où l'on construit un savoir, où l'on apprend aux élèves à rechercher, à enquêter».

Avec agence
La Fondation pour la mémoire de la Shoah, présidée par Simone Veil, préconise «que soit proposée aux élèves l’étude collective de témoignages d’enfants juifs ayant vécu la Shoah mais ayant survécu à la persécution nazie». «Si la proposition du Président de la République demande, dans son application, des orientations peut-être différentes ou plus diversifiées que celle proposée au départ, la Fondation regrette la campagne d’hostilité dont elle fut l'objet. Au-delà des réserves et des critiques constructives de certains historiens, psychologues ou enseignants, cette proposition a fait l'objet d'une instrumentalisation politique qui a donné lieu à des dérives honteuses sur un sujet dont la gravité mérite plus de respect et de retenue», note-t-elle.
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