En plein débat sur la hausse des prix, l'implantation probable à Taverny (Val-d'Oise) d'une supérette vendant à prix bradés des produits alimentaires proches de la péremption suscite la polémique. Le maire (apparenté PS), Maurice Boscavert, vient d'entamer un bras de fer contre le propriétaire des locaux d'un commerce d'alimentation, qui souhaite accueillir un nouveau concept de très hard discount dans un quartier défavorisé de la commune.
Si l'édile affirme qu'une partie de la population ne semble « pas opposée à ce projet », il assure que cette enseigne Iper Store « stigmatiserait encore plus le quartier Carré Sainte-Honorine, déjà fragilisé ». Les commerçants du coin, eux, regrettent le Franprix qui était installé depuis longtemps à cet endroit. « Ce n'est pas un problème de pouvoir d'achat, car aujourd'hui, beaucoup d'habitants vont chez Auchan où certains prix sont élevés », explique Rabia Bouizem, présidente de l'association des commerçants du quartier. « C'est une question de morale. Il n'y a pas une supérette pour les pauvres et une autre pour les riches », ajoute Maurice Boscavert.
Pour Pascale Hebel, directrice du département consommation au Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc), ce concept ne pourrait attirer que « les gens qui ont de gros problèmes financiers ». « Acheter des produits limites en date ne correspond pas trop aux valeurs des Français, qui sont très pointilleux sur l'hygiène. Quelque part, c'est un peu exploiter la précarité », analyse-t-elle.
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publié le : 10-02-2010 01:40
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